De nouvelles voix s'élèvent contre le projet de loi C-10

Le projet de loi C-10 du gouvernement fédéral  Photo :  iStock Photos

La grogne continue de croître contre le projet de loi C-10 du gouvernement fédéral, qui vise à être plus sévère sur le crime. À Sudbury et à Thunder Bay, la Société John Howard qui apporte son soutien aux personnes récemment sorties de prison dénonce la Loi sur la sécurité des rues et des communautés.

L'organisme croit que la population ignore de nombreux aspects du projet de loi omnibus. « Le projet de loi, c'est une brique : il y a plusieurs sections que le public ne connaît pas », indique Louise Chezzi, porte-parole de la Société John Howard à Sudbury.

« Ce projet de loi ne prévient pas le crime et les rues seront encore moins sécuritaires quand des personnes sortiront de prisons sans aucune forme de réhabilitation sociale », déclare la directrice générale de la Société John Howard de Thunder Bay, Liisa Leskowski.

« Pourquoi suivre un modèle américain qui ne fonctionne pas? » — Liisa Leskowski

L'avocat de la défense, Neil McCartney craint quant à lui les peines d'emprisonnements minimales obligatoires et de la perte du pouvoir discrétionnaire des juges. « Il y a des criminels endurcis, je ne le nie pas, mais il y a aussi des jeunes de 18 ans qui ont fait un geste stupide et ce sera peut-être le seul de leur vie. Il me semble important que les juges puissent considérer un jeune adulte, différemment qu'un criminel de carrière », souligne-t-il.

Le député conservateur de Kenora, Greg Rickford, affirme que C-10 s'attaque seulement aux crimes graves et rendra les communautés du Nord plus sécuritaires.

Demande de pardon

La société John Howard déplore que si adoptée, la nouvelle loi compliquera la tâche de ceux qui souhaitent obtenir un pardon et effacer leur casier judiciaire.« Le processus deviendra beaucoup plus subjectif. Bien qu'une personne puisse répondre à toutes les conditions, les responsables peuvent choisir de refuser de lui accorder un pardon s'ils jugent que cela ne paraît pas bien, s'ils craignent que le public trouve qu'il est trop facile d'y avoir accès », affirme Louise Chezzi. Elle déplore aussi que les responsables d'accorder un pardon pourrons fouiller dans le passé d'une personne, comme rencontrer d'anciens voisins ou consulter sa page Facebook.

Par ailleurs, les communautés autochtones du Nord de l'Ontario ont déjà fait valoir leurs inquiétudes vis-à-vis de ce projet de loi.

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