L'occupation se poursuit, malgré la distribution d'avis d'expulsion.
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Michel Bolduc
Les avocats de la ville et des indignés ont présenté leurs arguments respectifs vendredi, en Cour supérieure. Le sort d'Occupons Toronto est maintenant entre les mains du juge David Brown, qui rendra sa décision lundi.
Les avocats de la ville de Toronto ont présenté, en après-midi, leurs arguments pour faire annuler l'injonction qui empêche la police d'expulser les indignés du parc St-James.
Ils ont notamment fait valoir que le parc n'est plus accessible aux résidants du quartier et aux cols bleus, qui doivent préparer les lieux pour l'hiver. Ils ajoutent que les manifestants transgressent le règlement municipal qui interdit le bruit et tout rassemblement public la nuit.
En matinée, vendredi, les indignés de Toronto ont aussi défendu leur occupation d'un parc du centre-ville.
L'avocate de cinq indignés, qui ont demandé une injonction, a expliqué que le mouvement avait installé son camp au parc St. James en raison de sa proximité avec le quartier des affaires, où logent les institutions que les militants critiquent, comme les banques.
Me Susan Ursel a ajouté qu'il était essentiel que leur manifestation ait lieu en public, puisque les indignés souhaitent partager avec l'ensemble de la population leur idée de bâtir un nouveau modèle de société.
Le juge David Brown entend les deux parties, vendredi, avant de trancher sur le sort du campement au parc St. James. Les occupants bénéficient, pour le moment, d'une injonction temporaire qui empêche leur expulsion.
Questions du juge
Le juge Brown a demandé l'avocate des indignés pourquoi le groupe n'avait pas demandé de permis à la Ville, pour leur manifestation.
Le magistrat a aussi soulevé la question des inconvénients pour les résidents du secteur, demandant si le fait de jouer du tambour durant la nuit dans un parc, alors que le voisinage tente de dormir, constituait une forme d'expression.
Il a ajouté que, même si le camp était démantelé, les indignés pourraient toujours manifester dans le parc St. James, mais sans leurs tentes et pas durant la nuit.
De son côté, leur avocate a affirmé que la Ville ne pouvait pas mettre fin à l'occupation, sans avoir d'abord eu des discussions avec les militants. Elle croit qu'il est possible d'en arriver à un consensus sur l'utilisation du parc.
Des représentants du mouvement ont aussi rencontré, vendredi après-midi, les élus des paliers municipal, provincial et fédéral du secteur.
Arguments de la Ville
La Ville Reine souhaite que les occupants quittent le parc St. James immédiatement. Les autorités municipales disent qu'elles ne « peuvent plus permettre qu'un petit groupe s'approprie le parc au détriment des autres utilisateurs. »
La Ville a aussi cité la nécessité de préparer le parc St. James pour l'hiver, notamment en vidangeant les tuyaux d'arrosage souterrains.
Des agents municipaux ont distribué des avis d'expulsion aux indignés, mardi dernier.
Pour sa part, l'Église anglicane de Toronto refuse que les indignés déménagent sur les terrains de la cathédrale St. James, à proximité du parc du même nom, où les militants ont installé leur camp.
Verdict lundi
Le juge David Brown, qui devait rendre son verdict samedi, a déclaré qu'il trancherait lundi matin sur le sort du mouvement d'occupation torontois. Il n'a pas donné de raison pour expliquer ce report.
Aux États-Unis, plusieurs centaines d'indignés ont été arrêtés, jeudi, lors d'une manifestation marquant les deux mois du mouvement Occupons Wall Street.