Compressions à Toronto : Rob Ford promet de ne pas fermer de bibliothèque

Rob Ford Le maire de Toronto, Rob Ford (archives)

Le maire de Toronto, Rob Ford, assure qu'il ne fermera aucune bibliothèque, dans le cadre de son plan de restrictions budgétaires.

Le comité exécutif, présidé par le maire, doit décider lundi quelles compressions seront recommandées au conseil municipal, parmi la liste de 100 millions de dollars, proposée par le gestionnaire en chef de la ville.

Cette longue liste inclut la privatisation des garderies municipales et l'élimination de places subventionnées, la vente du zoo et la réduction du nombre de policiers et de bibliothèques.

Au moins une centaine de résidents doivent prendre la parole devant le comité exécutif lundi, pour dénoncer les compressions sur la table.

Le maire Ford avait promis durant la campagne électorale qu'il n'y aurait « aucune réduction de service. Garanti. »

Bibliothèques à demi-épargnées

Le maire a pris la parole au comité exécutif lundi, en disant que « si nous ne faisons rien maintenant, la situation ne va qu'empirer l'année prochaine et chaque année qui suivra. »

Mais il a précisé que le nettoyage et le déneigement des rues (une question controversée dans certains quartiers) était une « fonction principale » de la Ville.

Il a ajouté qu'il n'envisageait pas de fermer de bibliothèque, malgré des commentaires controversés à ce sujet de son frère, le conseiller municipal Doug Ford, qui a prétendu qu'il y avait plus de bibliothèques dans son quartier que de restaurants Tim Hortons.

Le maire Ford a, toutefois, affirmé que les heures d'ouverture des bibliothèques pourraient être revues à la baisse.

Plusieurs alliés du maire avaient signalé, au cours des derniers jours, leur opposition à la fermeture de bibliothèques. Un groupe d'auteurs réputés, dont Margaret Atwood, avaient aussi mené une campagne à ce sujet.

Garderies menacées

Quant aux places subventionnées en garderie, le maire a dit que « ce n'était pas quelque chose que la Ville pouvait faire seule », invitant les gouvernements provincial et fédéral à faire leur part.

Par ailleurs, le maire n'a rien dit au sujet de la privatisation possible des garderies municipales.

En revanche, selon les observateurs, il est peu probable que Rob Ford, qui avait promis d'embaucher 100 policiers supplémentaires, procédera à des compressions majeures dans le budget de la police.

Mythe ou réalité?

La Ville fait face à un manque à gagner anticipé de 774 millions de dollars l'an prochain, un trou que même l'ensemble des compressions proposées n'effacerait pas.

De leur côté, plusieurs conseillers municipaux de gauche accusent le maire Ford d'exagérer le problème pour réaliser son objectif personnel de privatiser des services. Ils soulignent que la Ville prévoit des surplus dans certains services et que son prédécesseur, David Miller, a toujours réussi à équilibrer le budget, sans compressions majeures.

Andrea Horwath La chef du NPD, Andrea Horwath, dans un wagon de métro de Toronto lundi.   © Thomas Gerbet

Le conseil municipal doit avoir le dernier mot, lors d'un vote à la fin du mois.

Campagne électorale

De son côté, la chef démocrate, Andrea Horwath, presse le maire Ford et la Ville de n'approuver aucune compression dans les transports publics, avant le scrutin provincial du 6 octobre.

Elle rappelle que, si le NPD prend le pouvoir, elle financera 50 % du coût du transport en commun, à condition que Toronto gèle les tarifs.