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Un policier de Toronto, Babak Andalib-Goortani, est accusé d'agression armée relativement à l'arrestation controversée d'un manifestant durant le sommet du G20.
Adam Nobody, 27 ans, a porté plainte à l'Unité des enquêtes spéciales (UES) après avoir été plaqué au sol par un agent en tenue antiémeute près de l'Assemblée législative de l'Ontario. Il a eu la mâchoire fracturée lors de l'arrestation.
L'UES avait d'abord conclu son enquête en affirmant qu'une force excessive avait visiblement été utilisée lors de l'arrestation, mais qu'il lui était impossible d'identifier l'agent impliqué à partir d'une vidéo mise en ligne dans YouTube.
Le chef de la police de Toronto, Bill Blair, avait alors vivement critiqué l'UES et avait allégué que la vidéo avait été falsifiée. Mais l'auteur de la vidéo a fait une déclaration sous serment dans laquelle il affirme que la séquence mise en ligne ne comporte aucun montage.
L'Unité des enquêtes spéciales avait alors rouvert son enquête. Le Toronto Star a ensuite mis la main sur une deuxième vidéo, qui montre notamment un policier en train de frapper le manifestant à deux ou trois reprises avec une matraque. Le quotidien avait aussi identifié certains des agents impliqués dans l'arrestation.
Bien que deux policiers aient refusé de rencontrer les enquêteurs, la police de Toronto a transmis le nom d'un agent qui a identifié Babak Andalib-Goortani comme étant le policier dans la vidéo.
Babak Andalib-Goortani a été accusé mardi d'agression armée. Il comparaîtra en cour le 24 janvier prochain.
Réactions
L'ancien maire de Toronto et critique de la police, John Sewell, pense que la police a tout fait pour étouffer l'histoire. Selon lui, rien n'aurait bougé sans le tapage du Star, qui a fait le travail d'enquête que la police aurait dû faire. M. Sewell croit que plusieurs autres agents devraient faire face à la justice.
L'Association canadienne des libertés civiles se dit encouragée par le fait que des accusations sont finalement déposées contre un policier.
« On est encouragé que la brutalité policière, qui est inacceptable, soit traitée sérieusement », déclare Me Nathalie Desrosiers. Elle dit s'attendre à ce qu'il y ait peut-être d'autres accusations criminelles et assurément des mesures disciplinaires prises à l'encontre d'autres agents en poste lors du G20.
De son côté, la police de Toronto se refuse à tout commentaire puisque l'affaire est devant les tribunaux.