Réouverture d'une enquête sur la force excessive au G20

Vidéo de l'arrestation d'Adam Nobody   © YouTube

L'Unité des enquêtes spéciales (UES) accepte de se pencher de nouveau sur un présumé cas de brutalité policière lors du G20, à Toronto, en juin dernier.

L'UES a communiqué son intention de rouvrir l'enquête sur Adam Nobody, 27 ans, dont le nez et l'os zygomatique ont été cassés lors d'une manifestation à Queen's Park le 26 juin.

Une première enquête de l'UES a conclu que les policiers avaient « vraisemblablement » fait usage d'une force excessive, mais n'est pas parvenue à identifier les agents responsables des blessures.

Pour parvenir à cette conclusion, l'UES a interrogé un civil et huit agents. Elle a également visionné la vidéo de l'arrestation, qui avait été téléversée sur YouTube.

La vidéo en question montre des policiers en train de poursuivre M. Nobody et de le plaquer au sol. Le directeur de l'UES, Ian Scott, affirme que la vidéo semble montrer un des agents frapper Adam Nobody à quelques reprises.

Des critiques et un témoignage sous serment

Lundi, le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a vivement critiqué l'UES pour avoir étudié une vidéo qui aurait été montée. M. Blair a notamment déclaré qu'elle avait été falsifiée.

Mais l'homme qui a filmé l'incident, John Bridge, a fait parvenir une déclaration sous serment à l'UES dans laquelle il affirme que la séquence mise en ligne ne comporte aucun montage. Il précise avoir éteint sa caméra pendant quelques instants, car il a envisagé la possibilité de battre en retraite devant l'avancée policière.

« De mon point de vue, les allégations du chef Blair et la déclaration sous serment de M. Bridge représentent de nouveaux éléments relatifs à l'incident Nobody », a déclaré M. Scott. « Je rouvre donc l'enquête. »

L'UES, qui enquête lorsque des civils sont tués ou blessés au cours d'incidents impliquant des policiers, va entendre le témoignage de M. Bridge. Elle demande également au chef Blair de lui transmettre « toute information pertinente relative à l'incident et plus spécialement toute preuve qu'il possède pour étayer ses allégations de falsification ».

Les images de l'arrestation diffusées dans YouTube :