Le chef de police de Toronto conteste l'enquête

Bill Blair Bill Blair (archives)

Le chef de la police de Toronto, Bill Blair, remet en question le travail de l'Unité des enquêtes spéciales (UES) relativement à de présumés cas de brutalité contre des manifestants durant le sommet du G20 en juin.

Aucun policier n'a été accusé, mais l'UES a indiqué jeudi qu'elle avait des motifs raisonnables de croire qu'il y avait eu usage de force excessive de la part de certains agents.

Elle avait notamment basé son rapport sur une vidéo disponible dans YouTube dans laquelle on voit Adam Nobody, 27 ans, être plaqué au sol par des policiers. Le bras d'un des agents donne l'impression de frapper l'homme à deux ou trois reprises, ce qui pourrait avoir causé la fracture de la mâchoire subie par M. Nobody.

Dans deux cas sur les six qu'elle a étudiés, l'UES dit a qu'il y avait lieu de croire que les policiers avaient fait usage d'une force excessive. Mais faute de pouvoir identifier les policiers fautifs, elle a conclu qu'elle ne pouvait déposer aucune accusation contre eux.

La police dit que la vidéo a été montée

Mais la police soutient que la vidéo en question a été montée. Selon elle, les morceaux oblitérés expliqueraient peut-être les raisons pour lesquelles les policiers ont jugé qu'une force excessive était appropriée pour maîtriser les manifestants.

Mark Pugash, le porte-parole de la police de Toronto, prétend que « YouTube n'est pas une source fiable pour les enquêteurs si ses extraits vidéo ne sont pas contre-vérifiés de façon indépendante. »

Dans un communiqué, le chef Bill Blair affirme qu'il est déçu du travail de l'Unité d'enquête et qu'elle a outrepassé son mandat de déposer ou non des accusations à la lumière de pièces à conviction crédibles, plutôt que des spéculations.

Bill Blair poursuit que l'utilisation de YouTube comme outil de référence pour corroborer les allégations de manifestants remet en question la qualité de l'enquête de l'Unité des enquêtes spéciales.

Mais l'UES défend l'enquête qu'elle a menée.

« Ce que je peux dire, c'est que si le chef possède des renseignements pertinents qui peuvent nous aider dans la poursuite de ces enquêtes, nous sommes tout à fait disposés à les prendre en considération et à les examiner afin de prendre les mesures nécessaires », a déclaré le porte-parole de l'UES Frank Phillips.