Compensation de 4,25 millions pour Mullins-Johnson

William Mullins-Johnson William Mullins-Johnson (archives)

L'Ontario versera une compensation financière de 4,25 millions de dollars à William Mullins-Johnson, injustement emprisonné pendant 12 ans après avoir été reconnu coupable du meurtre de sa nièce.

Une autopsie de la petite fille de 4 ans, menée par le pathologiste Charles Smith, a conclu que l'enfant a été tuée et violée. Mais une contre-expertise menée des années plus tard a invalidé les conclusions du Dr Smith et a plutôt attribué la mort de la fillette à des causes naturelles.

En annulant la condamnation de M. Mullins-Johnson, la Cour d'appel a conclu qu'il n'existe aucune preuve qu'il a commis quelque crime que ce soit.

L'avocat de William Mullins-Johson relate que son client n'a pas sauté de joie quand il a appris qu'il allait recevoir plus de 4 millions de dollars. Me David Robbins affirme que M. Mullins-Johson est heureux que cet épisode de sa vie tire à sa fin, mais que la compensation n'efface pas les douleurs et les épreuves qu'il endure encore après avoir été faussement étiqueté de meurtrier et de pédophile.

William Mullins-Johnson veut maintenant se tourner vers l'avenir. Il abandonne sa poursuite au civil contre le Dr Smith.

Un cas déclencheur

En 2005, lorsque l'avocat de M. Mullins-Johnson a tenté d'obtenir les tissus humains étudiés dans cette affaire par le Dr Smith pour les soumettre à une révision indépendante, le pathologiste a été incapable de les lui fournir. Il a fallu une perquisition dans le bureau du docteur pour retrouver cet élément de preuve. La contre-expertise a prouvé que la jeune fille était morte de causes naturelles. William Mullins-Johnson a alors été libéré après avoir été emprisonné 12 ans.

La découverte des tissus qui exonéraient l'accusé dans le bureau du Dr Smith en 2005 a été l'élément déclencheur d'une vaste révision du travail du pathologiste. Les experts qui ont révisé 45 des autopsies du médecin légiste ont conclu que des erreurs avaient été commises dans 20 dossiers. Dans 13 cas, les conclusions erronées du Dr Smith ont mené à des peines de prison pour meurtre ou négligence.

Une enquête publique présidée par le juge Stephen Goudge a conclu en 2008 que l'incompétence du Dr Smith a mené à de graves dérapages de la médecine légale pédiatrique en Ontario de 1981 à 2001.

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