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Les forces policières canadiennes s'intéressent au potentiel qu'offre l'Internet pour faire avancer les enquêtes sur les citoyens.
Les récentes démêlées de Research in Motion avec des pays mécontents du cryptage des données des utilisateurs illustrent bien l'importance qu'ont ces informations pour les autorités. L'Arabie Saoudite, notamment, a menacé de bannir les appareils BlackBerry de son territoire, jusqu'à ce que l'entreprise accepte d'installer un serveur permettant aux autorités saoudiennes de surveiller les données transmises par les téléphones.
Au Canada, les enquêteurs reconnaissent de plus en plus l'importance des médias sociaux dans leurs enquêtes. Les utilisateurs de ces réseaux partagent des photos, des vidéo, des anecdotes et de nombreuses informations personnelles.
Une analyse du SCRS
Radio-Canada a obtenu une analyse classée secrète du potentiel qu'offre Internet aux yeux du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).
Sous la rubrique « cueillete d'informations », le document note que les utilisateurs des réseaux sociaux « ne reconnaissent pas » que les données privées qu'ils y inscrivent sont souvent disponibles à un vaste public.
Pour les enquêteurs, ces informations peuvent servir à infirmer un alibi, à confirmer les liens d'un suspect avec une victime ou à aider à localiser un suspect.
Pour Tim Burrows, de la police de Toronto, la circulation de ces informations change la donne, tant pour les enquêteurs que pour la société.
Des amis malveillants
Des documents internes du Département américain de la Justice vont encore plus loin: ils évaluent les risques et mérites d'enquêter sous une fausse identité sur un site comme Facebook.
Laura Madison, une criminologue ontarienne qui a étudié le comportement des policiers sur Internet, souligne toutefois que les informations obtenues dans le cyberespace doivent être confirmées avant de servir de pièce à conviction.
Les principaux corps policiers du pays contactés par Radio-Canada affirment ne pas avoir de manuel encadrant les enquête dans Internet.
D'après un reportage de Yanik Dumont-Baron