Des manifestants font face à des policiers antiémeutes près du périmètre de sécurité du G20 à Toronto, le 26 juin 2010.
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AFP/Geoff ROBINS
Deux accusés décrits par les policiers comme étant des « organisateurs » des manifestations du G20 étaient de retour en cour vendredi, menacés de retourner derrière les barreaux.
Deux militants arrêtés avant le G20 dénoncent l'avertissement que leur a servi les policiers, parce qu'ils ont accordé des entrevues aux médias après leur libération conditionnelle.
Alex Hundert et Leah Henderson ont été arrêtés dans la nuit du 25 au 26 juin, juste avant le début du Sommet du G20, au terme de ce que la police décrit comme une longue enquête sur un présumé groupe anarchiste. Ils ont obtenu leur libération sous caution la semaine dernière, mais la Couronne a porté cette décision en appel.
Au début de la semaine, Alex Hundert commentait librement ses démêlés avec la justice. Il a notamment déclaré à la CBC que l'appel de la couronne concernant sa remise en liberté relevait de la persécution.
Mais mercredi, les policiers ont téléphoné à son père, son gardien légal, pour l'avertir que l'accusé avait violé ses conditions de remise en liberté lors des entrevues qu'il a accordées aux médias.
Une question d'interprétation
Parmi les conditions de remise en liberté imposées aux deux accusés, il y a l'interdiction d'organiser ou de participer à une manifestation (public protest). Les policiers semblent privilégier une interprétation plus large de cette condition, soit une interdiction de protester publiquement (qui, en anglais, se dit aussi public protest).
À la sortie de leur audience, vendredi, Alex Hundert s'est contenté de lire une brève déclaration : « La police a dit à mon père que mes déclarations ou commentaires qui critiqueraient le gouvernement ou la police pourraient être interprétés comme une protestation publique et constitueraient une violation. »
M. Hundert et Mme Henderson affirment qu'ils n'ont pas l'intention de se taire, mais ils ont refusé de répondre aux questions des journalistes.
L'avocat du couple, John Norriss, estime que les policiers vont trop loin en interprétant l'interdiction d'organiser des événements politiques comme une interdiction de parler publiquement. Les amis des accusés et d'autres militants accusent la police de tenter de museler les deux accusés en les intimidant.
La Police provinciale de l'Ontario refuse de révéler les détails des avertissements qu'elle a formulés, mais son porte-parole précise que le problème concerne les propos que les accusés ont tenus dans les médias.
Alex Hundert et Leah Henderson ont été arrêtés dans la nuit du 25 au 26 juin, juste avant le début du Sommet du G20, à la suite de ce que la police décrit comme une longue enquête sur un présumé groupe anarchiste. Ils ont été libérés en échange d'une caution de 100 000 $ libération, la semaine dernière.
Les accusés reviendront en cour le 19 août pour la suite des procédures d'appel de la Couronne.