Salle d'avortement (archives)
À Toronto, des militants pour le droit des femmes à l'avortement sont étonnés et inquiets de ce qu'ils qualifient de regain d'énergie de la part des groupes anti-avortement.
La présence de manifestants pro-vie oblige des cliniques d'avortement de Toronto à réactiver un service d'accompagnement des femmes.
Certaines cliniques ont recommencé à offrir des services d'accompagnement pour aider les femmes à entrer dans leurs établissements.
Les groupes qui défendent le droit à l'avortement sont particulièrement nerveux depuis l'arrestation d'une militante pro-vie il y a un mois et demi. Mary Wagner a été arrêtée après être entrée dans deux cliniques d'avortement de Toronto, présumément pour parler avec les patientes et leurs conjoints. Elle a été accusée de méfait et, en date de vendredi dernier, était incarcérée en Ontario. Son arrestation s'ajoute aux manifestants plus nombreux devant les cliniques d'avortement de Toronto depuis quelques semaines. Ces manifestants discutent avec les femmes qui se rendent dans les cliniques.
Les groupes pro-choix qualifient d'inadmissible le fait de se placer entre une femme et son médecin. Le service d'accompagnement réactivé par les cliniques d'avortement pour escorter les patientes qui entrent dans les cliniques n'avait pas été offert depuis plusieurs années.
Une campagne américaine
Le porte-parole de la Coalition nationale pour la vie, Jeff Gunnarson, reconnaît que ses membres sont plus nombreux devant les cliniques d'avortement de Toronto. Il précise que ses membres respectent les lois et qu'ils restent à la distance des cliniques prescrite par la loi.
La Coalition nationale pour la vie affirme que ses membres sont plus actifs en raison du succès de la campagne 40 jours pour la vie, originaire des États-Unis, qui en est à ses premières années au Canada.
Lors de cette campagne, les militants anti-avortement se font plus présents devant les cliniques durant la durée du carême. La Coalition nationale affirme avoir décidé de continuer la campagne après Pâques, en raison de son succès.
Les groupes pro-choix ont une autre explication: ils estiment que les opposants à l'avortement sont plus actifs parce qu'ils décèlent une ouverture à leur cause à Ottawa. Le gouvernement de Stephen Harper a récemment décidé de ne pas inclure l'avortement dans son initiative pour la santé des femmes et des enfants des pays en développement, malgré le fait que les Canadiennes détiennent ce droit.