Une réforme qui inquiète

Immigrants (archives)

Des groupes communautaires et des défenseurs des droits des réfugiés pressent l'opposition aux Communes de défaire le projet de loi conservateur destiné à réformer le système de demandeurs d'asile au Canada. Ils estiment que les changements proposés par le ministre de l'Immigration, Jason Kenney, sont inéquitables et nuisent à l'image du pays.

Des défenseurs des droits des réfugiés pressent l'opposition aux Communes de défaire le projet de loi conservateur destiné à réformer le système de demandeurs d'asile au Canada.

Le Réseau Immigration accuse les conservateurs d'avoir orchestré un engorgement du système, en y mettant moins de ressources, pour justifier une réforme qui tourne le dos aux valeurs humanitaires. La porte-parole, Sima Sahar Zeheri, déclare que le processus deviendrait expéditif. Si le projet de loi est adopté, un fonctionnaire déciderait désormais du sort d'un demandeur dans les deux mois suivant son arrivée au pays. Une entrevue préliminaire aurait lieu dans les huit premiers jours.

Selon Elisabeth Long, de l'Association des avocats des réfugiés, il est impossible de se trouver un avocat en si peu de temps.

Des pays sûrs

Raoul Boulakia Raoul Boulakia

Ottawa propose également de créer une liste de pays jugés sûrs dont les ressortissants ne pourront porter une décision en appel. L'avocat Raoul Boulakia croit qu'une telle catégorisation serait dangereuse, notamment pour les gais et lesbiennes.

« Le ministre pense que le Mexique est un pays sécuritaire. Mais il y a une réfugiée qui a été déporté et tuée », déclare M. Boulakia. Selon lui, le projet de loi conservateur ferait entrer un aspect politique dans un processus lié aux droits de l'homme qui doit rester impartial.

Le Congrès Tamoul Canadien et le Conseil national sino-canadien avertissent quant à eux qu'ils se feront entendre pour faire amender la réforme.