Une vidéo compromettante

Steve Ellis Steve Ellis   © CBC/Alex Tavshunky

Au procès de l'ancien juge Steve Ellis, la Couronne a présenté mardi la vidéo de la rencontre au cours de laquelle le magistrat aurait réclamé des faveurs sexuelles à une jeune Sud-Coréenne, qui demandait le statut de réfugié au pays en 2006.

La Couronne présente la vidéo de la rencontre au cours de laquelle le magistrat aurait réclamé des faveurs sexuelles à une jeune Sud-Coréenne, qui demandait le statut de réfugiée au pays en 2006.

La femme d'origine sud-coréenne, qui ne peut être identifiée que par le prénom de Kim, avait demandé à son petit ami de filmer son rendez-vous du 26 septembre 2006 avec le juge Ellis parce qu'elle avait eu des doutes sur ses intentions.

La scène a été filmée sur la terrasse d'un Starbuck de Toronto. À l'époque, M. Ellis avait déjà rejeté la demande de réfugiée de Kim, mais avait demandé de la revoir à plusieurs reprises, affirmant vouloir devenir son ami. L'ancien magistrat ne cesse de complimenter Kim sur ses photos de passeport. Il déclare vouloir aider la jeune femme et avoir l'intention d'apprendre le coréen. On apprend que M. Ellis désirait la revoir, mais précise qu'il est déjà marié et ne recherche pas l'amour, mais plutôt des rencontres occasionnelles.

Dans le témoignage de Kim qui a précédé la projection de la vidéo, la femme a affirmé que Steve Ellis a insisté pour qu'elle tienne son petit ami dans l'ignorance de leur arrangement.

La Couronne tente de prouver que le magistrat a fait preuve d'abus de confiance pour avoir tenté de corrompre une demandeuse d'asile. Kim tentait de fuir la violence à laquelle la soumettait son mari en Corée du Sud.

Selon la Couronne, le juge Ellis a tenté d'obtenir des faveurs sexuelles auprès de la jeune femme en échange d'une révision de sa décision de l'extrader en Corée du Sud.

Mercredi, lors du contre-interrogatoire de Kim, la défense entend contester la légitimité de la vidéo, puisque son client a été filmé à son insu.

À la suite de son arrestation, Steve Ellis a été suspendu de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié avant d'être libéré moyennant une caution de 100 000 $. Il a plaidé non coupable aux accusations dont il fait l'objet.