Les excuses de Sault-Sainte-Marie

John Rowswell John Rowswell, maire de Sault-Sainte-Marie

Le maire de Sault-Sainte-Marie, John Rowswell, présente ses excuses à tous les francophones du Canada pour l'adoption de la résolution d'unilinguisme anglais de la municipalité en 1990.

Le maire de Sault-Sainte-Marie présente ses excuses aux francophones du Canada 20 ans après l'adoption de la résolution d'unilinguisme de sa municipalité.

Ces excuses surviennent près de 20 ans, jour pour jour, après l'adoption de la résolution qui a enflammé le pays, au coeur des débats sur l'accord du lac Meech.

« Sault-Sainte-Marie a fait quelque chose qu'elle n'aurait pas dû faire. Ce n'était pas la bonne chose à faire. » — John Rowswell, maire de Sault-Sainte-Marie

M. Rowswell, qui n'était pas maire à l'époque, dit présenter ses excuses publiques dans un souci de réconciliation.

Le maire de Sault-Sainte-Marie en 1990, Joe Fratesi, n'a jamais voulu admettre que la résolution d'unilinguisme était une erreur. Il occupe aujourd'hui un poste de directeur dans l'administration municipale et a refusé de rencontrer Radio-Canada.

Il y a 20 ans

20 ans après la déclaration d'unilinguisme anglais de Sault-Sainte-Marie

Le 29 janvier 1990, le conseil municipal de Sault-Sainte-Marie adopte une résolution qui déclare la ville unilingue anglaise. La municipalité voulait s'assurer de ne pas avoir à payer pour des services en français, malgré le fait qu'aucune loi ne l'obligeait à les offrir.

Une pétition de 25 000 signatures est à l'origine de la résolution. L'affaire est vue comme un affront envers les francophones et enflamme les passions d'un bout à l'autre du pays. Le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, affirme que la résolution est « totalement déplorable ». Le ministre de l'Environnement au sein du gouvernement progressiste-conservateur, Lucien Bouchard, déclare que « c'est clairement un des sommets d'une réaction d'intolérance qui va détruire ce pays-là ».

Sentiment antifrancophone

Pont international de Sault-Sainte-Marie Pont international de Sault-Sainte-Marie (archives)   © Pierre-Mathieu Tremblay

Aujourd'hui, la réconciliation entre anglophones et francophones semble accomplie dans la ville, mais les cicatrices restent profondes.

Mais bien des résidents, dont Jean-Paul Dubreuil, n'ont pas oublié les insultes. Il déclare que les francophones ont été littéralement traînés dans la boue à l'époque.

Denise Martel, qui est née à Sault-Sainte-Marie, se souvient de deux lettres de menace de mort qui nommaient ses enfants et l'école qu'ils fréquentaient.

Mais la situation a évolué au cours des 20 dernières années, affirme M. Dubreuil, qui déclare que les francophones sont « très acceptés » actuellement à Sault-Sainte-Marie. Le drapeau franco-ontarien flotte maintenant en permanence au coeur de la ville. Le nombre de francophones a toutefois diminué.

En 1994, un tribunal ontarien a invalidé la résolution d'unilinguisme. Sault-Sainte-Marie s'est pliée à la décision.

D'après un reportage de Christian Grégoire