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Les francophones de l'Ontario obtiendront des pouvoirs accrus dans le domaine de la santé.
Les Franco-Ontariens ne seront pas confinés à un simple rôle de consultants dans la planification des services de santé qui leur sont offerts.
Le gouvernement McGuinty donnera vendredi le feu vert à la création d'une demi-douzaine d'entités de planifications pour les services en français à la grandeur de la province.
Ces comités seront responsables de s'assurer que les francophones reçoivent des soins appropriés dans leur langue. Leurs recommandations seront transmises aux Réseaux locaux d'intégration de soin de santé (RLISS), les organismes chargés par la province de répartir le financement provincial dans les régions qu'ils desservent.
Cette participation à la prise de décision pour les soins offerts dans leur langue était d'ailleurs réclamée à hauts cris par les francophones, puisque de nombreux anglophones dans la structure des RLISS sont peu sensibilisés à la question.
Christiane Fontaine, qui représente les professionnels francophones en santé, donne l'exemple du RLISS de Brampton, qui est plus porté à faire des efforts pour desservir son importante communauté autochtone que les francophones de son territoire.
Vieillissement de la population
Jean-Marc Boisvenue, du réseau franco-santé du Sud, se réjouit lui aussi de l'avancée, notamment en raison du vieillissement de la population. Pour illustrer l'importance de la mesure, il donne l'exemple de patients francophones atteints de la maladie d'Alzheimer, qui perdent souvent leur connaissance de l'anglais à mesure que la maladie progresse et qui revienne vers leur langue maternelle.
Le PDG de l'hôpital de Smooth Rock Falls, Fabien Hébert, explique que ces entités de planifications donneront le pouvoir à la communauté francophone de prendre les décisions ou de recommander des actions qui seront directement liées à des résultats au niveau de leur santé. Mais il ajoute que ces comités devront avoir les moyens de leurs ambitions: « Sans ressources financières, c'est voué à l'échec. »
Les détails seront dévoilés vendredi à Ottawa.
Avec cette décision, le gouvernement McGuinty se conformera aux recommandations d'un groupe de travail, qui recommandait en juin d'accorder aux francophones plus qu'un simple rôle consultatif dans la planification des services de santé comme le privilégiait l'ancien ministre David Caplan.
D'après un reportage de Christian Noël