Les membres de la clinique MedCan ont pu éviter les longues files d'attente, comme celle qui serpentait devant le centre civique de North York, le 29 octobre.
©
PC/Nathan Denette
La ministre de la Santé de l'Ontario enquêtera sur la distribution du vaccin contre la grippe A (H1N1) à des cliniques privées, alors qu'il n'y a pas suffisamment de doses pour les groupes à risque.
La ministre de la Santé de l'Ontario, Deb Matthews, compte enquêter afin de comprendre pourquoi le vaccin contre la grippe A (H1N1) a été distribué à une clinique privée de Toronto alors qu'il n'y a pas suffisamment de doses pour les groupes à risque.
La clinique MedCan, où les coûts d'adhésion sont élevés, a reçu 3000 doses du vaccin contre la grippe H1N1.
La ministre de la Santé n'a pas l'intention d'empêcher la distribution du vaccin dans les cliniques privées. Elle explique ne pas vouloir contredire la décision de la médecin en chef de la province au moment où la pression est forte sur les autorités de la santé, mais elle promet de faire la lumière sur la pratique une fois que la situation se sera calmée.
En temps normal, les cliniques privées offrent le vaccin contre la grippe saisonnière. Au même titre que les bureaux de médecin du système publique, les cliniques privées pouvaient donc obtenir des doses du vaccin contre le H1N1 si elles étaient en mesure de l'entreposer.
Les règles d'inoculation du vaccin demeurent les mêmes pour ces cliniques que celle du secteur public, c'est-à-dire qu'elles doivent l'administrer en priorité à leurs membres qui font partie des groupes jugés à risque. Mais devant la controverse suscitée par cette affaire, MedCan a choisi d'offrir gratuitement le vaccin même à ceux qui ne sont pas membres de l'établissement.
Ce changement n'apaise pas pour autant l'opposition à Queen's Park. La députée du NPD France Gélinas s'inquiète de la situation: « Ça, c'est un exemple flagrant de ce qui arrive: une clinique privée à 2300 $ par tête de pipe a des vaccins quand le restant des médecins en Ontario n'en a pas. »
Au palier fédéral, la ministre de la Santé, Leona Aglukkaq, et le médecin en chef de l'Agence de santé publique du Canada, le Dr David Butler-Jones, ne se prononcent pas directement au sujet de la vaccination dans les cliniques privées. Ils ont toutefois reproché aux provinces de mal gérer la distribution du vaccin, ce qui expliquerait les désordres constatés dans le processus de vaccination.
Vaccination
Un centre de vaccination à Toronto (archives)
©
Radio-Canada/Catherine Paradis
La vaccination se poursuit en Ontario, mais contrairement à ce qui avait été annoncé, seules les personnes à risque sont invitées à se faire vacciner dans la province au cours de la prochaine semaine.
Ce changement de stratégie s'explique par le fait que la province recevra trois fois moins de doses du vaccin que prévu.
La semaine dernière, des gens en bonne santé se sont présentés pour recevoir le vaccin dans les centres réservés aux groupes à risque. Malgré ces ratés, l'Ontario continue de compter sur la bonne foi des gens et ne demandera pas de preuves médicales à ceux qui se présenteront dans les centres de vaccination.