Absentéisme scolaire et achalandage hospitalier

L'absentéisme est perceptible dans une classe de Sudbury L'absentéisme est perceptible dans une classe de Sudbury

Une hausse de l'absentéisme dans les écoles de l'Ontario et une augmentation de la fréquentation des urgences d'hôpitaux sont constatées en Ontario.

L'éclosion de la grippe A (H1N1) est responsable d'une hausse de l'absentéisme dans les écoles de l'Ontario.

Le tiers des écoles primaires publiques de Hamilton rapportent des cas de grippe H1N1. La situation s'est particulièrement détériorée depuis la fin de la semaine dernière.

Le taux d'absentéisme est plus élevé dans plusieurs régions du nord de l'Ontario, dont Sudbury et North Bay, et dans l'est de la province.

Dans la région de North Bay, l'absentéisme a dépassé 51 % dans certains cas. Il est cependant important de préciser que cela ne signifie pas que les élèves souffrent nécessairement de la grippe A (H1N1).

L'absentéisme touche également la région de Sudbury, selon la directrice du Conseil scolaire public du Grand Nord Louise d'Amour. La médecin hygiéniste du bureau de santé du district de Sudbury, Penny Sutcliffe, précise que les établissements scolaires sont soumis à un système de surveillance renforcé et quotidien. Ainsi, le bureau contacte les établissements dès que le taux d'absentéisme dépasse 10 %.

À Toronto, les autorités médicales et les conseils scolaires tentent d'apaiser les parents craintifs, dont les craintes ont été ravivées par la mort d'un jeune de 13 ans. Le médecin en chef de la métropole, David McKeown, tient à mettre en contexte les risques encourus par les adolescents. Il rappelle que, malgré les événements tragiques, le taux de complications est généralement moins élevé chez les jeunes que chez les groupes à risque.

Dans la région d'Ottawa-Gatineau, 72 écoles affichent actuellement un taux d'absentéisme anormalement élevé. Dans ce contexte, des parents inquiets réclament le droit de connaître l'état de la situation dans l'école fréquentée par leur enfant.

Le Conseil des écoles publiques de l'Est de l'Ontario choisit de donner l'heure juste aux parents. Tous ceux qui fréquentent un établissement scolaire du conseil seront avisés par lettre dès qu'un cas de H1N1 sera identifié dans leur école.

Au Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), on ne donnera pas d'information sur des écoles en particulier pour éviter de créer un climat de panique. « Ce n'est pas utile, parce que ça peut engendrer une peur auprès des gens et ces taux d'absentéisme ne sont pas nécessairement attribuables au H1N1 », soutient Roxanne Deevey, directrice des communications au CECCE.

Urgences

Si de nombreux élèves s'absentent dans les écoles, la situation des urgences est toute autre.

Les autorités invitent d'ailleurs les Ontariens à ne pas se présenter dans les hôpitaux dès qu'ils ressentent des symptômes qui s'apparentent à ceux de la grippe A (H1N1), puisque la plupart des cas demeurent bénins.

Les hôpitaux pour enfants de la province, notamment, sont débordés. Les établissements de Toronto et d'Ottawa disent que le nombre de visites à l'urgence a doublé ces derniers jours.

L'Hôpital pour enfants malades de Toronto affirme que le nombre de visites à l'urgence atteint des niveaux habituellement comparables à ceux observés durant le plus fort de la saison grippale des dernières années, ce qui survient généralement en décembre ou en janvier.

Mais la plupart des enfants sont renvoyés à la maison toutefois, parce qu'ils ne montrent que de légers symptômes. Les autorités attribuent la hausse de l'achalandage aux inquiétudes entourant la grippe H1N1.

À Sudbury, le médecin-chef de l'hôpital régional (HRSRH), le Dr Chris Bourdon, rappelle l'importance du lavage des mains et invite les résidents à demeurer à la maison si la fièvre et la toux peuvent être contrôlées. L'HRSRH n'exclut pas la possibilité d'annuler des chirurgies non urgentes. L'établissement rapporte que plusieurs patients hospitalisés à l'unité des soins critiques ont contracté la grippe H1N1.

La situation est comparable à North Bay, où la hausse du nombre de patients à l'urgence force l'établissement à regrouper les patients qui présentent des symptômes semblables à ceux de la grippe dans une salle du service d'orthopédie.

Dans l'est, la hausse de l'achalandage force le Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario (CHEO) à redéployer son personnel. La direction a annoncé mardi que ses services de consultations externes seront réduits afin d'affecter davantage de médecins et d'infirmières à l'urgence.

Trois cliniques - de gastro-entérologie, de pneumologie et d'endocrinologie - seront déplacées temporairement et n'offriront que des services essentiels pour les quatre prochaines semaines.