Randy Hillier
Des voix au sein de la communauté franco-ontarienne s'élèvent pour dénoncer les propos d'un candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur.
L'intention d'un candidat à la direction du Parti progressiste conservateur de l'Ontario de rouvrir la Loi sur les services en français est mal accueillie dans la communauté franco-ontarienne.
En annonçant sa candidature à la direction du parti, lundi, Randy Hillier a évoqué la possibilité de rouvrir la Loi sur les services en français s'il devient chef. Il met le français sur un pied d'égalité avec les autres langues et se montre ouvert à renforcer les critères pour définir une région bilingue en Ontario. M. Hillier cite l'exemple d'une ville comme Toronto, où la province doit offrir des services en français, bien que la proportion de francophones soit inférieure à 10 %. Il craint que d'autres minorités en viennent à exiger les mêmes droits linguistiques.
Des commentaires qui mènent la députée néo-démocrate France Gélinas à se lancer dans un cours d'histoire à l'intention de Randy Hillier: « On n'est pas une minorité ethnique, on est un peuple fondateur. Ça nous donne des droits constitutionnels qui doivent être respectés. »
Madeleine Meilleur (archives)
La ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, craint que la logique de Randy Hillier ne travaille à l'assimilation des Franco-Ontariens. Elle doute que ses propos récoltent beaucoup d'appui chez les conservateurs, qui ont voté à l'unanimité pour l'adoption de la loi en 1986: « M. Hillier tend à aller à l'extrême droite, alors je lui souhaite bonne chance dans sa course au leadership. »
La président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Mariette Carrier-Fraser, croit de son côté que les commentaires du député conservateur vont à contre-courant des changements de mentalité qu'elle a perçue au cours des 30 dernières années: « On avait The Alliance for the preservation of english in Canada qui avait des racines partout, mais qui a perdu toute crédibilité. »
Un autre candidat à la direction des conservateurs, Frank Klees, croit que la question soulevée par son adversaire est déplacée: « La dernière chose dont notre parti a besoin, c'est un débat sur des questions controversées. »
En 2007, la campagne électorale du parti avait été plombée par la promesse d'accorder un financement public aux écoles de toutes les confessions religieuses.