Donner la priorité aux détenus de Guantanamo?

Un détenu de la prison de Guantanamo, à Cuba Un détenu de la prison de Guantanamo, à Cuba (Archives)   © PC/Brennan Linsley

Des groupes de défense des réfugiés demandent à Ottawa de traiter de façon prioritaire les requêtes d'asile déposées au nom de prisonniers détenus à Guantanamo, notamment ceux qui sont parrainés par des groupes de défense des droits humains. Mais le ministère de l'Immigration reste sourd à leur revendication.

Des groupes de défense des réfugiés demandent au gouvernement canadien de traiter prioritairement les requêtes d'asile déposées au nom de détenus de Guantanamo.

Des groupes religieux canadiens parrainent cinq de ces prisonniers pour qu'ils puissent venir au Canada en tant que réfugiés. Selon ces groupes, accueillir ces réfugiés serait une façon pour le Canada de résoudre en partie l'imbroglio international posé par la fermeture de la prison de Guantanamo.

L'un de ces groupes religieux, la congrégation de l'Église Trinity St. Paul de Toronto, n'a pas hésité à déposer une requête privée au nom d'un des détenus de Guantanamo, Maasoum Abdah Mouhammad. Selon la porte-parole de la congrégation, Sonya Wu-Winter, c'est une question de justice et de solidarité. Elle souligne que M. Mouhammad, un kurde de Syrie, est enfermé à Guantanamo sans jamais avoir été accusé de quoi que ce soit.

De son côté, le Conseil canadien pour les réfugiés affirme que les cas de M. Mouhammad et des quatre autres détenus actuellement parrainés devraient être traités de façon urgente.

Cependant, Immigration Canada n'a pas l'intention d'intervenir dans le dossier. Le ministère met les Canadiens en garde contre le parrainage d'individus qui pourraient être liés à des groupes terroristes.

L'avocat américain de Maasoum Abdah Mouhammad, Me Mat O'hara, trouve quant à lui l'assertion regrettable. « L'administration Bush a attribué l'étiquette de terroristes à tous les détenus de Guantanamo, dit-il, sans jamais leur avoir donné le droit de se défendre. » L'avocat ajoute que le Canada représente actuellement le meilleur espoir pour son client qui craint d'être persécuté s'il rentre chez lui, en Syrie.