(archives)
Les esprits se sont échauffés lundi soir lors d'une séance d'information sur un projet de parc éolien à l'étude dans le lac Ontario, à Toronto.
1000 opposants et partisans assistent à une rencontre au sujet d'un projet controversé de parc éolien dans le lac Ontario.
Près de 1000 personnes se sont présentées à la rencontre organisée par Hydro Toronto, qui veut installer un appareil au large pour mesurer la force du vent.
Toutefois, le site proposé, au pied de la falaise de Scarborough, suscite la controverse. Les opposants au projet allèguent que les 60 éoliennes projetées constitueraient de la pollution visuelle qui ruinerait la beauté de l'un des sites les plus prisés de la métropole.
Des Torontois opposés au plan s'étaient présentés en si grand nombre à la première séance d'information le mois dernier, qu'elle avait dû être reportée, faute de place.
Lundi, l'Alliance environnementale de Toronto a nolisé des autobus pour transporter ses partisans à la séance. Le directeur de l'organisme Franz Hartmann affirme vouloir démontrer clairement que les Torontois sont pour le projet et les énergies renouvelables.
Les deux camps se sont fait entendre bruyamment
« Pensez à ma génération et à celle de mes enfants » a lancé une étudiante favorable au projet sous un tonnerre d'applaudissements.
Un aîné a tenu à rejeter l'argument de la pollution visuelle, cher aux opposants. Selon lui, cet argument ne tient pas la route « au coeur d'une nation qui accepte les poteaux téléphoniques et les fils suspendus depuis plus d'un siècle ».
Mais un autre résident qui a pris la parole dit craindre que l'installation éventuelle d'éoliennes l'empêche de dormir en raison d'ultrasons qui pourraient être émis.
Un autre résidant a accusé Hydro Toronto de vouloir mener une étude bidon: « Vous voulez un parc éolien, coûte que coûte! »
Hydro Toronto assure que son étude de deux ans sera objective. Mais, avant la tenue de toute étude, l'entreprise doit d'abord obtenir le feu vert de la province au début 2009.
Expert sceptique
Le professeur de géographie de l'université de Toronto, Danny Harvey, est sceptique quant à ce projet de 60 éoliennes. Il croit qu'il est préférable de placer les éoliennes dans les eaux moins profondes, où les vents ont une plus grande vitesse.
M. Harvey est toutefois favorable à une étude sur l'installation possible d'une dizaine d'éoliennes dans le secteur, si ce n'est pour conscientiser le public à l'importance des énergies renouvelables.