Le Commissaire aux services en français, François Boileau
Le commissaire aux services en français de l'Ontario critique le ministère de la Santé. François Boileau se déclare insatisfait d'un règlement proposé visant à clarifier le rôle de la communauté francophone au sein des nouveaux réseaux locaux d'intégrations des soins de santé (RLISS). Dans l'état actuel des choses, le rôle dévolu aux francophones en est un de consultant, sans pouvoir décisionnel.
Le commissaire aux services en français de l'Ontario estime que le ministère de la Santé n'a pas vraiment le choix de modifier le projet de règlement sur la réforme en santé, qui prévoit un simple rôle de consultation pour la communauté francophone.
Le commissaire Boileau a reçu près de 80 plaintes de la communauté franco-ontarienne sur la question. Les plaignants dénoncent le projet de règlement qui ne répond pas, à leur avis, aux exigences de la Loi sur les services en français. L'un d'eux, l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, craint notamment que les droits des patients francophones soient mal protégés par les nouveaux RLISS, des organismes responsables du financement régional des soins de santé.
Dans une lettre envoyée au ministre de la Santé, le commissaire Boileau propose que les RLISS se dotent d'un coordonnateur francophone, qui participerait activement aux décisions et à la planification. Ce rôle pourrait être joué par les quatre réseaux de santé en français de la province déjà existant, suggère-t-il.
La présidente du Regroupement francophone des professionnels de la santé, Nicole Ranger, croit qu'un tel coordonnateur devrait avoir la responsabilité de rendre des comptes à la population, en plus du ministère. Selon elle, cette approche serait garante d'une amélioration des services.
François Boileau est optimiste quant à la réception positive du ministère envers les changements proposés au projet de règlement: « Ils n'ont pas vraiment d'option d'être ouvert », précise-t-il en ajoutant que dans sa forme actuelle, ce projet est « inacceptable ».
Le ministre de la Santé refuse de commenter les critiques du commissaire aux services en français. David Caplan veut d'abord les étudier et consulter la ministre déléguée aux Affaires francophones, Madeleine Meilleur, avant de prendre position.