Comparution du témoin vedette

Mubin Shaikh Mubin Shaikh (archives)

Le témoignage attendu de l'informateur Mubin Shaikh a débuté à Brampton, au procès d'un homme de 20 ans accusé de terrorisme.

Mubin Shaikh, décrit comme un témoin clé de la Couronne, amorce sa comparution au procès d'un jeune accusé d'avoir conspiré en vue de commettre des attentats terroristes au Canada.

Mubin Shaikh est un témoin clé de la Couronne relativement aux 11 suspects accusés d'avoir planifié des attentats terroristes en sol canadien. Mardi, il a raconté dans quel contexte il a rencontré une partie des accusés dans cette affaire, le soir du 27 novembre 2005 dans un centre de prière de la région torontoise. Lors de cette rencontre, a-t-il mentionné, il a été initié aux pratiques idéologiques du groupe, qui préconisait une guerre sainte en territoire canadien.

Si la comparution de Mubin Shaikh se fait dans le cadre du procès d'un jeune qui était mineur au moment de son arrestation, son témoignage s'attarde également sur d'autres suspects, notamment sur un homme qu'il décrit comme étant le chef de la présumée organisation qui était armé lors de la rencontre. En raison d'un interdit de publication, il est impossible d'identifier les suspects.

Mubin Shaikh a ajouté avoir reçu de la littérature sur le djihad et ses ramifications religieuses. Il a poursuivi en disant avoir eu l'impression d'être accepté dans le groupe et avoir donné l'assurance qu'il chercherait à se procurer un permis de port d'arme en Ontario.

Il affirme qu'en fonction de ce qu'il a vu et entendu de ces gens, il a décidé de devenir un informateur pour la GRC. Il a déclaré que « ces hommes ne cueillaient pas des pâquerettes et les gens ne prennent pas cette situation suffisamment au sérieux ».

Un témoin important

Mubin Shaikh est né et a été élevé à Toronto. Il a vécu une jeunesse tumultueuse, marquée par la consommation excessive de drogue. Il est ensuite rentré dans le droit chemin en redécouvrant sa foi musulmane. Il est devenu très pieux, en respectant les préceptes du Coran.

Il est un témoin clé parce qu'une partie importante de la preuve a été amassée par lui. Des micros dissimulés lui ont permis d'enregistrer des milliers d'heures de conversations entre les suspects.

De leur côté, les avocats de la défense affirment que les allégations de complot en vue de décapiter le premier ministre ou de faire sauter la CBC sont fabriquées de toutes pièces.

En juin et juillet 2006, 18 personnes ont été arrêtées relativement à cette affaire. Depuis, les accusations contre sept d'entre eux ont été abandonnées ou suspendues.

Fait étonnant dans le cas d'une affaire d'une telle importance, Mubin Shaikh a raconté les grandes lignes de son travail d'agent d'infiltration lors d'une entrevue à la CBC bien avant l'ouverture du procès des accusés. Il affirme avoir touché 300 000 $ pour ses services.