Maxime Bernier prête serment à titre de ministre des Affaires étrangères.
©
PC/Fred Chartrand
Les éditorialistes des grands journaux du pays sont d'avis que la disgrâce dans laquelle est tombée le ministre démissionnaire des Affaires étrangères, Maxime Bernier, met en lumière le manque de jugement dont a fait preuve le premier ministre Stephen Harper en le nommant à cette fonction.
Les éditorialistes de grands quotidiens estiment que le premier ministre Stephen Harper a fait preuve d'un manque de jugement en nommant un néophyte au poste de ministre des Affaires étrangères.
Ces accusations surviennent alors que le premier ministre entreprend mardi un voyage en Europe, dans le cadre duquel il doit rencontrer le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Markel, ainsi que les chefs de gouvernement britannique et italien, Gordon Brown et Sylvio Berlusconi.
« Ce n'est pas seulement du jugement de Maxime Bernier dont il est question ici. C'est surtout celui du premier ministre lui-même qui est remis en question. [...] Lorsqu'il a choisi le député de Beauce comme ministre des Affaires étrangères, il savait qu'il nommait un néophyte à ce poste névralgique », indique André Pratte dans La Presse.
« Comme meneur d'hommes, il aurait dû aussi savoir que son protégé n'avait pas le jugement nécessaire pour occuper une telle fonction. Et s'il ne le savait pas, il aurait dû s'en rendre compte dès les premiers faux pas de M. Bernier », ajoute l'éditorialiste du quotidien montréalais.
Le Globe and Mail ne dit pas autre chose dans son éditorial. « Il est clair que M. Bernier n'avait ni la maturité, l'expérience ou le bon jugement pour remplir cette fonction. Après une performance sans éclat au ministère de l'Industrie, sa nomination aux Affaires étrangères à la fin août constituait une surprise », note l'équipe éditoriale du journal.
« Et sa performance depuis a soulevé des doutes sur ce qui a permis au premier ministre de croire qu'il était qualifié pour cette responsabilité », ajoute le Globe and Mail. Le quotidien note par exemple que les critiques formulées à l'endroit du gouverneur de Kandahar ont possiblement eu pour effet de garder ce dernier en poste plus longtemps qu'il n'en aurait été autrement.
M. Harper a commis une erreur sérieuse en nommant « une personne avec une si piètre discipline à un poste qui en exige tellement », estime le journal, qui conclut que « l'extinction spectaculaire de M. Bernier est une leçon sur les périls qu'entraînent l'incapacité de faire preuve de diligence raisonnable en constituant les principaux postes du cabinet ».
En conférence de presse, lundi soir, le premier ministre Stephen Harper, a annoncé que Maxime Bernier avait démissionné après l'avoir informé qu'il avait laissé des documents confidentiels dans un endroit non sécurisé. Il n'a pas voulu faire de lien entre cette affaire et la liaison amoureuse de M. Bernier avec Julie Couillard, une femme ayant eu de multiples liens avec les motards criminalisés.
Dans une entrevue accordée en fin de semaine et diffusée lundi soir au réseau TVA, Mme Couillard a affirmé que Maxime Bernier avait laissé un document confidentiel chez elle à la mi-avril. Elle a expliqué que des gens qu'elle a consultés lui ont conseillé d'en discuter avec un avocat, ce qu'elle a fait. Ce dernier lui a recommandé de le remettre au gouvernement.