Centrale nucléaire de Chalk River
La centrale nucléaire de Chalk River en Ontario, qui est arrêtée depuis trois semaines, sera remise en marche sur l'ordre du Parlement fédéral.
Les Communes adoptent un projet de loi pour outrepasser la Commission canadienne de sûreté nucléaire afin de redémarrer le réacteur nucléaire.
Tard mardi soir, tous les partis ont approuvé un projet de loi du gouvernement conservateur minoritaire de Stephen Harper. Le Sénat, à majorité libérale, devrait voter mercredi sur le projet de loi conservateur. La mesure prévoit le redémarrage du réacteur pour une période de quatre mois.
Le gouvernement Harper court-circuite ainsi la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) selon laquelle la centrale ne répond pas aux normes de sécurité en cas de catastrophe naturelle.
Chalk River assure les deux tiers de la production mondiale d'isotopes médicaux, des substances essentielles en imagerie médicale pour dépister le cancer et des maladies osseuses ou cardiaques.
La CCSN est inquiète
L'arrêt du réacteur, le seul en Amérique du Nord à fabriquer les éléments radioactifs utilisés en médecine nucléaire, a provoqué une pénurie de technétium-99 et l'annulation de rendez-vous partout au pays.
Ce redémarrage va toutefois à l'encontre de l'avis de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), qui estime que tous les travaux devraient être effectués dans la centrale avant que celle-ci ne soit sécuritaire. La CCSN affirme ne pas disposer de la garantie que la remise en marche de la centrale serait sans danger.
En Chambre, Stephen Harper a promis qu'il n'y aurait pas d'accident nucléaire. Il a appuyé ses dires en citant l'avis d'experts cités par le gouvernement.
Le premier ministre a même obtenu l'appui de deux partis d'opposition. Pourtant hostiles au nucléaire, les néo-démocrates et les bloquistes estiment que la population est davantage menacée par une pénurie d'isotopes que par un risque d'accident nucléaire.
L'opposition libérale mal à l'aise
De leur côté, les libéraux se veulent plus prudents. Ils ont exprimé leur malaise de voir le Parlement contourner ainsi l'autorité de la CCSN. Selon eux, le problème à la centrale de Chalk River aurait dû être réglé avant le risque de pénurie.
C'est une inspection de la CCSN qui a mené à la fermeture des installations. La présidente de la commission, Linda Keen, a d'ailleurs sermonné les dirigeants d'Énergie atomique Canada, la semaine dernière, leur reprochant d'avoir violé leur permis d'exploitation en raison du non-fonctionnement d'un dispositif de sécurité.
Le réacteur est hors service depuis le 18 novembre pour des travaux d'entretien et son redémarrage n'est actuellement pas prévu avant la mi-janvier. Deux dispositifs de démarrage de moteur pour les pompes de refroidissement du réacteur doivent être installés et ces moteurs doivent être branchés à une source d'alimentation supplémentaire.