Comparution du père de l'adolescente tuée

Mohammed Parvez, un père de famille de Mississauga est accusé relativement au meurtre de sa fille de 16 ans.

Un homme de Missisauga a été accusé, mercredi à Brampton, du meurtre non prémédité de sa fille de 16 ans, qui est morte lundi soir. Mohammed Parvez s'est vu refuser une libération sous caution et devra rester derrière les barreaux jusqu'à sa prochaine comparution, en janvier.

Mohammed Parvez est accusé du meurtre non prémédité de sa fille de 16 ans. L'adolescente, qui refusait de porter le foulard islamique, avait des relations orageuses avec son père, selon ses amies.

L'accusé a aussi reçu l'ordonnance de ne pas communiquer avec son fils Waqas, qui fait face à une accusation d'entrave au travail des policiers.

Aqsa Parvez, une adolescente de 16 ans de Mississauga a été tuée par son père.

Aqsa Parvez, une adolescente de 16 ans, est morte lundi soir, quelques heures après avoir été hospitalisée.

La police régionale de Peel dit avoir reçu plus tôt dans la journée un appel d'un homme qui affirmait avoir tué sa fille. Lorsque les ambulanciers sont arrivés sur place, l'adolescente n'avait plus de signes vitaux. Ils sont parvenus à la réanimer pour la transporter à l'hôpital.

Les camarades de classe de la victime

La nouvelle de la mort de la jeune fille a bouleversé les élèves de l'école secondaire Applewood Heights. Une amie de longue date, Ashley Garbett, mentionne que la famille Parvez exerçait des pressions pour qu'elle adopte un habillement en accord avec la foi familiale, ce qui incluait le port du hijab. Toujours selon Ashley Garbett, Aqsa Parvez préférait se vêtir à l'occidentale.

Ces divergences l'avaient menée à quitter fréquemment le domicile familial depuis quelques mois. Les élèves rapportent que lundi, Aqsa Parvez était retournée chez elle uniquement pour prendre des vêtements.

Immigration et conflits intergénérationnels

Le professeur d'histoire de l'immigration de l'Université York, Roberto Perin, mentionne que les conflits intergénérationnels sont un phénomène courant chez les familles immigrantes. Il rapporte que les familles juives et italiennes venues s'établir au Canada au début du 20e siècle ont vécu les mêmes tensions.

Pour le sociologue Rachad Antonius, de l'Université du Québec à Montréal, le refus de se couvrir la tête est mal vu chez une minorité de familles musulmanes, plus conservatrices. Il explique que ces familles peuvent interpréter ce refus comme un rejet d'un aspect de la religion: « La religion est tellement ancrée dans l'identité des personnes conservatrice, que c'est comme un rejet de la vertu, de la moralité. »

La fédération des femmes musulmanes rappelle que le drame aurait pu survenir dans toutes les familles, de toutes les religions. La porte-parole de l'organisme, Zahaida Murtaza, ne croit pas que le meurtre puisse s'expliquer par le refus de porter le hijab. De nombreux facteurs sont à l'origine de conflits intergénérationnels entre un père et sa fille, dit-elle.