La centrale nucléaire de Chalk River (archives)
Rien ne va plus pour Énergie atomique du Canada, qui a dû fermer le réacteur nucléaire de Chalk River, en Ontario, le 18 novembre dernier. La présidente de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), Linda Keen, a sermonné les dirigeants de l'entreprise lors d'une audience publique, jeudi, à Ottawa.
Les dirigeants de la société, qui ont dû fermer le réacteur nucléaire de Chalk River, sont blâmés lors d'une audience publique.
Elle reproche aux dirigeants d'Énergie atomique d'avoir violé leur permis d'exploitation, en raison du non-fonctionnement d'un dispositif de sécurité, ce qui a mené à la fermeture du réacteur universel. Mme Keen a souligné qu'ils auraient dû savoir que le dispositif de sécurité n'était pas en fonction. Selon elle, ils auraient pu prévoir la fermeture du réacteur.
Bernard Gerestein, directeur de l'analyse de sûreté à Énergie atomique du Canada, soutient qu'il croyait que le réacteur répondait aux normes. « On pensait, avant le 18 novembre, qu'on était en conformité avec le permis. Mais évidemment, ce n'était pas le cas », explique-t-il.
C'est une inspection de la Commission canadienne de sûreté nucléaire qui a mené à la fermeture des installations.
Le réacteur nucléaire permet de fabriquer du technétium-99, utilisé pour mener des tests diagnostiques pour des maladies osseuses ou cardiaques et pour le dépistage du cancer. La fermeture crée une pénurie dans les hôpitaux du pays.
Un plan de rechange?
Le réacteur universel de Chalk River est le principal producteur d'isotopes médicaux en Amérique du Nord. Énergie atomique du Canada n'a pas de plan de rechange pour approvisionner les hôpitaux.
M. Gerestein estime qu'il est de la responsabilité des distributeurs de trouver de nouveaux isotopes. « Ce n'est pas à nous d'avoir un plan B. Selon nos recherches, il y a assez d'isotopes dans le monde, c'est aux fournisseurs de faire la recherche », soutient-il.
La production d'isotopes à Chalk River ne reprendra qu'en janvier, même si plusieurs hôpitaux canadiens sont déjà en pénurie. Environ 50 000 Canadiens pourraient subir un retard pour leur examen diagnostique.
Entre-temps, le gouvernement fédéral a annoncé qu'il tentera de mettre des mesures de l'avant pour atténuer la crise, comme l'achat d'isotopes médicaux à l'étranger.