La vigueur de l'économie n'y change rien

Passants à Toronto

La vigueur de l'économie canadienne ne contribue pas à diminuer le taux de pauvreté infantile au pays, selon deux rapports parus lundi.

Campagne 2000 juge que la vigueur de l'économie canadienne ne contribue pas à diminuer le taux de pauvreté infantile. À Toronto, Centraide remarque même une hausse importante du nombre de familles qui vivent dans la pauvreté.

Campagne 2000 dénombre 788 000 enfants qui vivent dans la pauvreté au Canada. Le taux de pauvreté infantile est exactement le même que celui de 1989, lorsque les Communes se sont engagées à éliminer complètement la pauvreté infantile avant l'an 2000.

La pauvreté ne se limite pas aux familles dont les parents sont sans emploi: 41 % des enfants défavorisés habitent dans une famille dont au moins un parent travaille tous les jours. Les enfants des familles autochtones et des nouveaux arrivants sont particulièrement touchés par le phénomène.

La coordonnatrice nationale de l'organisme, Ann Decter, déplore l'inaction du gouvernement canadien. Elle souligne qu'Ottawa a les ressources financières nécessaires pour s'attaquer au problème, mais qu'il préfère les consacrer à des réductions d'impôts pour les particuliers.

Le rapport de Campagne 2000, Il faut une nation pour éduquer une génération, relève que les programmes fédéraux en place contribuent à réduire la pauvreté, mais qu'ils sont insuffisants.

Logement

Si la pauvreté demeure relativement stable au pays, un rapport de Centraide révèle que le nombre de familles torontoises qui vivent dans la pauvreté augmente.

En 2005, le revenu net médian d'une famille de deux enfants était de 41 500 $, soit 6000 $ de moins qu'il y a 15 ans, si on tient compte de l'inflation.

Toronto est à la traîne derrière Calgary, Halifax et Winnipeg. La comparaison est d'autant plus grave que la métropole est la ville où le coût de la vie est le plus élevé au Canada.

Centraide établit que 28,8 % des familles torontoises ayant des enfants de 17 ans et moins vivent dans la pauvreté, alors que ce taux s'établit à 19,5 % à l'échelle nationale.

Trois principaux indicateurs rendent compte de la situation difficile des familles torontoises, soit une hausse du nombre de familles monoparentales (une sur trois), une hausse du taux d'éviction des locataires et une hausse de l'endettement des ménages.

Centraide presse les gouvernements d'agir rapidement. L'organisme soutient qu'il est prouvé que les récentes hausses du salaire minimum et de l'aide sociale sous les libéraux provinciaux ont permis d'améliorer un peu la situation.

L'organisme exhorte Ottawa à établir une stratégie nationale en matière de logements sociaux et de centres de la petite enfance. Centraide réclame également une révision complète de l'assurance-emploi. Les fonds du programme, rappelle Centraide, doivent servir aux chômeurs et non au remboursement de la dette nationale.