Deux appareils de 37 places d'Air Creebec et de Voyageurs Airways ont été nolisés pour commencer l'évacuation de Kashechewan.
Les premiers résidents ont quitté leur village mercredi, en début de soirée.
Selon la chef adjointe Rebecca Friday, la priorité est accordée aux malades. L'évacuation des jeunes enfants et des aînés débutera jeudi.
En raison du manque de place pour les accueillir à Timmins, les résidents malades ont été transporté à Sudbury, à plus de 750 kilomètres au sud de leur village.
Le gouvernement ontarien a débuté l'évacuation de plus de la moité de la réserve du nord de la province, aux prises avec des problèmes persistants de contamination de l'eau potable par la bactérie E. coli.
Dans la confusion
Mercredi, la confusion a entouré les préparatifs. La gestion des situations d'urgence de l'Ontario a connu des ratés dans l'application du plan d'urgence pour évacuer la communauté autochtone de Kashechewan.
Les autorités de Timmins ont été sur un pied d'alerte jusqu'en milieu d'après-midi, avant d'apprendre que les évacués seront transportés à Sudbury, où les mesures d'accueil ne sont pas toutes en place.
Problèmes d'eau potable
Le ministère des Affaires autochtones de l'Ontario a ordonné l'évacuation de plus de la moitié de la population de la réserve de Kashechewan en raison de la contamination des réserves d'eau de la communauté par la bactérie E. coli.
La présence de cette bactérie potentiellement mortelle dans le système d'eau potable a déjà provoqué de nombreux problèmes de santé dans cette réserve située sur la côte ouest de la baie James.
Environ 1000 des 1900 habitants de la communauté souffrent de diverses infections de la peau et de maladies exacerbées par les fortes doses de chlore qu'on a dû déverser dans l'eau potable pour la désinfecter.
Lundi, le Dr Murray Trusler de l'hôpital régional de la baie James a comparé les conditions de vie de Kashechewan à celles du tiers-monde.
Devant l'ampleur de la situation, le ministre David Ramsay a ordonné que tous ces gens soient transportés par avion dans des hôpitaux où ils seront traités. Le ministre Ramsay a ajouté qu'il n'écartait pas la possibilité d'évacuer l'ensemble du village et même son abandon pur et simple.
L'évacuation sera coordonnée par l'organisme ontarien responsable des mesures d'urgences, mais le gouvernement fédéral défraiera les coûts de l'opération.
Un problème qui n'est pas nouveau
L'usine de traitement d'eau de Kashechewan
Les problèmes de qualité de l'eau dans cette petite communauté autochtone du nord de l'Ontario ne sont pas nouveaux. Les habitants de la réserve doivent en effet faire bouillir leur eau depuis plus de deux ans en raison de sa mauvaise qualité.
Selon les leaders autochtones de cette région, la station d'épuration des eaux de la réserve de Kashechewan connaît des problèmes chroniques depuis son installation, il y a dix ans. Le fait que l'usine ait été aménagée en aval d'un bassin de stabilisation des eaux usées aggraverait le problème.
Selon le ministre des Affaires autochtones de l'Ontario, les pouvoirs publics ont tardé à agir dans cette communauté en raison d'un conflit fédéral-provincial persistant sur le partage des compétences. C'est-à-dire que la réserve est de juridiction fédérale alors que les services sociaux et médicaux qu'on y dispense sont de juridiction provinciale. Les évacuations doivent commencer dès mercredi soir.
Tensions entre Toronto et Ottawa
Le premier ministre de l'Ontario, Dalton McGuinty (archives)
La problématique de Kashechewan était connue des gouvernements fédéral et provincial depuis près de trois ans, mais les deux paliers se renvoient la balle: Queen's Park affirme que le fédéral a l'entière responsabilité des peuples autochtones et Ottawa prétend que le problème n'était pas grave au point de devoir évacuer.
Le premier ministre de l'Ontario ne demande pas la démission du ministre fédéral des Affaires indiennes, Andy Scott, mais il a un message pour ses grands cousins libéraux à Ottawa: « Si le gouvernement de Paul Martin ne veut pas assumer ses responsabilités, il faudra négocier une nouvelle entente et demander aux provinces de s'occuper entièrement des peuples autochtones. »
Dalton McGuinty soulèvera la question à la prochaine rencontre des premiers ministres des provinces et du fédéral en Colombie-britannique à la fin de novembre.