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Sauvetages et balayages

Mise à jour le lundi 2 novembre 2009 à 10 h 54

C'était jour d'élections municipales dans quelque 830 villes et villages du Québec en ce premier dimanche de novembre, qui a apporté un vent de continuité dans plusieurs municipalités majeures du Québec, malgré les récents scandales.

La lutte à Montréal a polarisé l'attention, il faut bien le souligner. Elle a été féroce, et les électeurs auront dû attendre tard dans la soirée pour découvrir le visage de leur prochain maire.

Gérald Tremblay

Photo: La Presse Canadienne /Graham Hughes

Au terme d'une élection éreintante

Contre toute attente, les Montréalais ont accordé un troisième mandat à Gérald Tremblay. Avec 37,5 % des appuis, le maire sortant se retrouve cependant en situation plus précaire, et devra tenir compte d'une opposition forte. Il a d'ailleurs perdu quelques-uns de ses joueurs clefs.

Les électeurs ont tout de même tourné le dos à sa rivale de Vision Montréal, Louise Harel. Et ils ont refusé, pour la deuxième fois consécutive, de porter Richard Bergeron à la tête de la mairie, et ce, bien que le chef de Projet Montréal ait augmenté ses appuis en fin de campagne.

Il faut dire que le parti fondé par Gérald Tremblay, Union Montréal, disposait de la plus grosse machine électorale à être déployée en sol montréalais, avec près de 2000 travaillant à sa réélection.

Rappelons qu'en 2005, Gérald Tremblay avait obtenu un second mandat avec une écrasante majorité, remportant la donne avec 53 % des voix.

Dure campagne

Car durant la campagne électorale, ce fut comme si une main maligne avait procédé à la multiplication des allégations en sol montréalais: allégations de conflits d'intérêts, de collusion, de corruption, de malversations, liens occultes entre élus, hauts fonctionnaires et magnats de la construction, contrats lucratifs entre les mains d'une poignée d'entrepreneurs...

Sans compter le rapport accablant qu'a dressé le vérificateur général de la Ville de Montréal sur le contrat de remplacement des compteurs d'eau. Trop vite, trop gros, trop cher, avait tranché en substance le vérificateur sur ce contrat de 356 millions de dollars accordé au consortium GENIeau, dont faisait partie le controversé entrepreneur Tony Accurso.

Le 23 septembre dernier, le maire Tremblay se résignait à annuler le contrat.

Au sud, une ère nouvelle

Pendant ce temps, juste au sud se déroulait un véritable renversement de régime. Caroline St-Hilaire présidera en effet désormais aux destinées de Longueuil et de ses quelque 231 000 habitants. La chef d'Action Longueuil a eu raison de son adversaire, le notaire Jacques Goyette, qui partait pourtant fort de l'appui du maire sortant, Claude Gladu.

Ce fut une chaude lutte. Caroline St-Hilaire, ex-députée fédérale bloquiste de Longueuil-Pierre-Boucher, avait annoncé sa candidature en avril dernier. C'est elle qui a finalement convaincu les Longueuillois de la sacrer mairesse. Ce n'est pas rien, car, ce faisant, elle déloge le Parti municipal de Longueuil, qui trônait depuis 27 ans à la mairie de cette ville.

Au moment de briguer la mairie, son adversaire Jacques Goyette était vice-président du comité exécutif de la Ville de Longueuil.

Le vent de changement qui a soufflé sur la Rive-Sud n'a pas épargné la municipalité fusionnée de Brossard. Le maire sortant Jean-Marc Pelletier a été battu par Paul Leduc, qui effectue un retour après avoir dirigé la ville de 1990 à 2001.

À Boucherville, Jean Martel a remporté la mise et succède ainsi à Francine Gadbois, qui ne sollicitait pas un nouveau mandat.

Ailleurs au Québec

Par contre, comme dans le cas de Montréal, cité plus haut, un vent charriant la continuité a plutôt soufflé sur d'autres centres névralgiques de la province.

Régis Labeaume

Régis Labeaume

Sans surprise, et presque immédiatement après la fermeture de bureaux de vote, les chiffres confirmaient ainsi la réélection massive du maire de Québec, Régis Labeaume. Celui-ci a été élu pour la première fois en 2007 à la mairie de Québec à titre d'indépendant à la suite du décès de la mairesse Andrée Boucher. Il avait obtenu 59 % des voix.

Le véritable défi pour le maire Labeaume était toutefois d'obtenir la majorité des 27 sièges de conseillers à l'hôtel de ville, ce qu'il a largement réalisé.

Peu de temps après celle de Régis Labeaume, la réélection du maire de Saguenay, Jean Tremblay, était annoncée, massive, elle aussi. Il a été reconduit avec presque 80 % des voix, devant son rival Michel Potvin, ex-président du Syndicat des producteurs de lait de la région, qui remporte 20 % des voix.

Jean Tremblay obtient donc un troisième mandat fort à la mairie de Saguenay.

Quasi copier-coller à Laval, pour un maire apparemment inamovible, Gilles Vaillancourt.

Le maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Le maire de Laval Gilles Vaillancourt.

Vieux routier de la politique municipale lavalloise, Gilles Vaillancourt siège au conseil municipal depuis 1973. Celui qui est maire de Laval depuis 1989 assumait ses fonctions sans aucune opposition durant ses deux derniers mandats.

Et puis Marc Bureau a de nouveau conquis Gatineau. Sans grande surprise, le maire sortant a obtenu un deuxième mandat à la mairie dimanche, à l'issue du scrutin. Cette victoire est moins massive, vu qu'il a obtenu 46 % des suffrages exprimés.

Ses deux plus proches rivaux, le conseiller municipal Aurèle Desjardins et l'ex-président de l'Association canadienne de la police professionnelle Tony Cannavino ont tous deux obtenu 24 % des votes.

Bernard Sévigny

Bernard Sévigny

Et c'est finalement Bernard Sévigny qui succédera à Jean Perrault à la mairie de Sherbrooke. Le chef du Renouveau sherbrookois l'a emporté par une très faible majorité devant Hélène Gravel... au terme d'une très longue soirée.

Pour d'autres données et textes, consultez notre dossier complet.

Des villes « orphelines »

Et puis soulignons en guise de mot de la fin que huit municipalités du Québec sont sans maire après les élections, parce que personne ne s'est porté candidat. Le processus électoral devra donc être repris. Il y aura ainsi une nouvelle période de mise en candidature et un nouveau scrutin. Si un seul candidat à la mairie se présente, il sera automatiquement élu. En attendant, le conseil municipal qui est en place dans ces huit villes continuera à siéger et ses membres vont choisir un maire suppléant.

Villes et candidats Villes et candidats Le transport urbain Électeurs en herbe

18 septembre Début de la période électorale de 44 jours menant au scrutin. À compter de cette date, il est permis de produire une déclaration de candidature auprès de la présidente ou du président d'élection de la municipalité. C'est également à compter de cette date que s'appliquent les règles sur le contrôle des dépenses électorales.
2 octobre Date finale pour poser sa candidature
25-26 octobre Vote par anticipation
1er novembre Jour du scrutin