Montréal

Un dernier blitz

Mise à jour le samedi 31 octobre 2009 à 22 h 38

Gérald Tremblay, Louise Harel, Richard Bergeron

Les aspirants à la mairie de Montréal, Gérald Tremblay, Louise Harel et Richard Bergeron.

Le chef d'Union Montréal, le maire sortant Gérald Tremblay, demeure confiant de l'emporter malgré les nombreux scandales qui ont ébranlé son administration et des sondages défavorables.

Il a joué ses dernières cartes, samedi, en misant sur le bilan de son administration, nommément les grands travaux d'infrastructure au cours des huit dernières années, les investissements en transport en commun et aussi la situation économique de Montréal, bien meilleure, selon lui, que celle de plusieurs grandes villes américaines.

Il se présente comme un gage de stabilité et prévient les citoyens que l'élection de sa grande rivale, Louise Harel, provoquerait de l'instabilité.

Gérald Tremblay en conférence de presse, entouré de ses candidats.

Il accuse Mme Harel de vouloir rapatrier les responsabilités des arrondissements. « L'autre choix, c'est Vision Montréal, avec 294 millions de dépenses additionnelles et de restructuration. On retourne en arrière. Pendant huit ans on va centraliser. On va transférer des responsabilités des arrondissements à la ville centre. On va tenter d'améliorer la productivité de la ville, ce qu'on fait depuis huit ans, alors c'est irréaliste », dit-il.

Plus tôt, il avait tourné en dérision les promesses de Mme Harel, qui veut, dit-il, « geler le fardeau fiscal [pour 2010] et aussi les tarifs de la Société de transports de Montréal (STM), malgré son déficit de 40 millions de dollars. En plus, Mme Harel dit qu'elle va augmenter les dépenses de 300 millions. L'autre choix, c'est Projet Montréal, qui veut augmenter les taxes au niveau de l'inflation, mais aussi les dépenses de 600 millions de dollars. C'est une méconnaissance totale des finances de la Ville de Montréal », a-t-il martelé.

M. Tremblay soutient que son parti est le seul à proposer des mesures qui favoriseront la croissance et qui généreront des revenus pour Montréal. Il a fustigé ses adversaires dont il juge les projets trop coûteux.

Il a aussi déclaré, samedi, que son équipe était la mieux placée pour lutter contre la collusion et la corruption et restaurer la confiance des électeurs.

Mais de son côté, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, est convaincue de pouvoir défaire M. Tremblay, même si elle a été durement touchée par la polémique provoquée par son ancien lieutenant, Benoît Labonté. Malgré tout, elle s'estime mieux placée que Gérald Tremblay pour assainir les moeurs à l'Hôtel de Ville.

Louise Harel en point de presse.

« J'espère qu'avec ce goût de changement, on ne va pas seulement changer d'heure ce soir. J'espère qu'on va changer d'air demain. Je trouve que l'air était vicié à l'Hôtel de Ville de Montréal. Je crois que c'est la principale raison, entre autres choses, qui va faire sortit le vote », a-t-elle dit, samedi, en point de presse, après avoir rencontré les chauffeurs de taxi de Montréal Nord.

De son côté, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, ne s'étonne pas des progrès qu'il a réalisés dans les intentions de vote. Il les attribue au programme de sa formation, et non au débat sur l'éthique et l'intégrité qui a monopolisé l'attention pendant la campagne.

« Ça pourrait vous surprendre, mais j'ai toujours cru en nous, en moi et en l'équipe de Projet Montréal, et le seul scénario que nous avions en tête est celui qui est sur le point de se réaliser. C'est exactement le plan de match que nous avions », a déclaré Richard Bergeron à La Presse Canadienne.

Quasiment inconnu du public il y a seulement deux mois, avec un parti considéré comme marginal, Richard Bergeron aura effectué une importante remontée au cours des dernières semaines. À un tel point d'ailleurs que la lutte s'annonce très serrée entre les trois candidats à la mairie.

Les scandales touchant l'administration de Gérald Tremblay et le départ fracassant du bras droit de Louise Harel auront suscité autour de sa candidature un intérêt inattendu en début de campagne.

Au Québec, il y aura des élections dans 866 villes ou villages, puisque les membres du conseil de 238 municipalités sont élus ou réélus sans opposition. Au total, 561 postes de maires sont en jeu.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

Villes et candidats Villes et candidats Le transport urbain Électeurs en herbe

18 septembre Début de la période électorale de 44 jours menant au scrutin. À compter de cette date, il est permis de produire une déclaration de candidature auprès de la présidente ou du président d'élection de la municipalité. C'est également à compter de cette date que s'appliquent les règles sur le contrôle des dépenses électorales.
2 octobre Date finale pour poser sa candidature
25-26 octobre Vote par anticipation
1er novembre Jour du scrutin