Le maire sortant de Montréal a répliqué aux révélations fracassantes de Benoît Labonté au sujet de la présumée corruption qui règne au sein du milieu politique municipal de Montréal.
Le maire sortant de Montréal soutient que les allégations de Benoît Labonté ne sont que des rumeurs. Dans le cas contraire, Gérald Tremblay l'invite à présenter des preuves et à porter plainte à la police.
Dans un point de presse de dernière minute, jeudi soir, Gérald Tremblay a insisté pour dire que les allégations de M. Labonté ne sont que « des rumeurs et des ouï-dire ».
Selon M. Tremblay, si l'ancien chef de l'opposition officielle à la Ville de Montréal avait en sa possession quelque fait que ce soit, il aurait dû aller en informer les policiers. « Quand il a quitté notre formation politique, s'il avait des preuves de ce qu'il avançait, il avait à ce moment-là l'obligation de le dire ou encore de le dire à la police et il ne l'a pas fait », a-t-il déclaré.
Le chef d'Union Montréal a nié que son parti réclamait une ristourne aux entreprises qui veulent obtenir un contrat de la Ville. Il a précisé que lorsque M. Labonté lui a fait part de ces « rumeurs », il a demandé que des vérifications soient faites et les allégations se sont avérées non fondées.
Il assure que toutes les sommes reçues par son parti l'ont été en toute légalité.
Dans le Devoir de jeudi, M. Tremblay affirme toutefois qu'il règne un « climat de peur » à l'Hôtel de Ville de Montréal. Il ajoute ne pas avoir peur pour sa propre personne, mais pour sa famille. Le maire sortant dit notamment « qu'il y a un certain nombre d'entrepreneurs qui se partagent des contrats et des territoires. »
Pour Vision Montréal, la situation est pire qu'on l'imaginait
De son côté, la chef de Vision Montréal, Louise Harel, n'a pas réagi directement aux allégations de son ancien bras droit, préférant déléguer la tâche au candidat de son parti pour le poste de conseiller dans le district de Vieux-Rosemont, Pierre Lampron.
Pierre Lampron, nouvel homme de confiance de la chef de Vision Montréal
Participant à l'émission spéciale de 24 heures en 60 minutes, jeudi soir, le nouvel homme de confiance de Mme Harel a admis que la situation était « pire que ce que l'on pouvait imaginer ».
« Nous retenons que le système dont on savait qu'il fallait changer et modifier avec courage, avec volonté et détermination, il semble qu'il est encore pire dans son organisation et dans son système que ce que nous avions imaginé. »
M. Lampron a loué le courage de la chef de Vision Montréal de congédier son bras droit à 15 jours d'une élection municipale. « Dès qu'elle a compris que ce type mentait, elle l'a forcé à démissionner », a-t-il déclaré.
Selon lui, Mme Harel tient « plus que jamais » à une enquête publique sur les allégations de corruption, de truquage d'appel d'offres ou de financement illicite touchant au monde municipal.
Projet Montréal: « faire de la politique autrement »
Le chef de projet Montréal, Richard Bergeron, lors de son passage à l'émission 24h/60
Quant à Richard Bergeron, il a déclaré qu'au risque d'« être jugés un peu naïfs », lui et son parti Projet Montréal avaient choisi de « faire de la politique autrement ».
« Il y a moyen de faire de la politique autrement. Contrairement à ce que M. Labonté disait, on n'est pas obligé d'emprunter cette voie-là. Il faut apprendre à faire de la politique avec moins d'argent. C'est ça l'enjeu: est-ce que l'on peut faire de la politique avec moins d'argent », a-t-il dit.
À ce sujet, M. Bergeron a expliqué que la campagne de Projet Montréal, avec ses 102 candidats, coûtera moins de 200 000 $. « Et c'est très confortable, c'est suffisant », a-t-il assuré.