Benoît Labonté a accordé à Radio-Canada sa première entrevue depuis sa démission spectaculaire, en fin de semaine dernière, de ses postes de chef de l'opposition officielle à la mairie de Montréal et de lieutenant de Louise Harel.
Dans sa première entrevue depuis son départ fracassant de Vision Montréal, l'ex-bras droit de Louise Harel règle ses comptes, notamment avec le maire sortant Tremblay. Une première version de l'entretien sera diffusée au Téléjournal Montréal dès 18 h HAE.
Dans cette entrevue de trois heures, qui risque de faire beaucoup de vagues, l'ancien candidat de Vision Montréal reconnaît des faits qu'il avait toujours niés, comme des rencontres avec l'entrepreneur Tony Accurso. Il explique les circonstances qui l'ont amené à mentir.
Le reportage, qui sera diffusé jeudi, contient des révélations-chocs qui risquent d'éclabousser une bonne partie de la classe politique du Québec.
Dans l'un de ces extraits, Benoît Labonté pose lui-même une question qui flotte dans les milieux politiques, les médias et l'opinion publique, depuis qu'une succession de scandales entachent la campagne municipale.
Benoît Labonté occupait les fonctions de chef de l'opposition à l'Hôtel de Ville de Montréal. Fait important, il a également siégé au comité exécutif de la Ville. Sur d'éventuelles malversations qui se seraient déroulées sur la scène municipale montréalaise, il laisse entendre que le maire et son entourage « en savent probablement plus » que lui. « Moi je ne gouvernais pas, j'étais chef de l'opposition officielle. Imaginez. »
Les milieux culturels ne sont pas épargnés
Benoît Labonté affirme que, dans les milieux culturels, un nom revenait constamment à ses oreilles, un nom qui était assorti d'une allusion à un système de ristournes qui aurait prévalu dans le monde culturel.
Benoît Labonté affirme avoir mis le maire au courant des rumeurs qui circulaient au sujet de cette personne : « Il travaille pour toi, lui ai-je dit, et là le maire a blêmi, je n'avais pas l'impression de lui apprendre quelque chose ». Benoît Labonté affirme ensuite que le maire Tremblay lui a lancé un regard « candide » avant de laisser entendre qu'en politique municipale, « c'est juste de ça ».
Alors qu'il préfère rester hors de la région de Montréal, Benoît Labonté affirme avoir accepté d'accorder cette longue entrevue pour « soulager sa conscience » et rétablir les faits.
Il affirme de plus qu'il n'a pas l'intention de servir de bouc émissaire. Il souhaite enfin régler ses comptes avec un système politique qui fonctionne mal et qui est propice au financement occulte des partis municipaux.