Vision Montréal

Harel annonce le départ de Labonté

Mise à jour le lundi 19 octobre 2009 à 14 h 23

Louise Harel, en compagnie de son nouveau lieutenant, Pierre Lampron.

Louise Harel, en compagnie de son nouveau lieutenant, Pierre Lampron.

La chef de Vision Montréal a tenu une conférence de presse pour confirmer le départ de Benoît Labonté.

Après avoir quitté samedi son poste de lieutenant du parti et de chef de l'opposition officielle, ce dernier a été contraint dimanche de renoncer à toute ambition politique.

Louise Harel a dit avoir demandé à Benoit Labonté, tôt dimanche matin, de se rendre dans les studios de TVA pour dissiper tout doute sur ses relations avec l'homme d'affaires Tony Accurso. Devant son refus, elle lui a annoncé qu'il devait quitter le parti.

« Nos candidats doivent accepter de vivre dans une maison de verre et être irréprochable », a-t-elle dit, ajoutant avoir toute confiance en ses candidats, dont 90 %, souligne-t-elle, sont des nouveaux venus.

La chef de Vision Montréal a affirmé son intention de demander au Directeur général des élections (DGE) de combler les « lacunes sérieuses » de l'actuelle loi sur le financement des partis municipaux.

Elle estime par ailleurs que les allégations concernant son ancien lieutenant sont symptomatiques d'un malaise généralisé.

Je reconnais que Benoît Labonté est le bouc émissaire d'un système de financement qui a très certainement infiltré le parti au pouvoir du maire Tremblay.

— Louise Harel

Elle interpelle aussi les citoyens sur le rôle central qu'ils peuvent jouer pour en finir avec l'influence du financement occulte sur la vie municipale.

« Je pense aussi qu'il faut dire aux Montréalais que la démocratie a un prix. Il n'y a que l'argent propre qui peut chasser l'argent sale, et que ça ne peut venir que d'eux », a-t-elle dit, rappelant son engagement de mener une campagne de financement démocratique et populaire.

Elle a de nouveau insisté pour que les sources anonymes derrière les allégations concernant son ancien lieutenant contactent le DGE et déplore toujours qu'elles n'aient pas agi à visage découvert. « S'ils sont sincères, ils iront au DGE », a-t-elle conclu.

Mme Harel a fait cette annonce en compagnie de Pierre Lampron, candidat dans le district du Vieux-Rosemont, qui remplace à pied levé M. Labonté comme lieutenant politique. Il deviendra, advenant une éventuelle victoire du parti le 1er novembre, président du comité exécutif de la Ville de Montréal. M. Lampron a été président de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et président de TV5 Amérique.

Il a salué l'action de Mme Harel dans le dossier Labonté.

La preuve a été faite que Mme Harel ne laisse pas passer ce genre de situation.

— Pierre Lampron

Nouvelle tuile fatale pour Labonté

Le journaliste de TVA, Paul Laroque, révélait dans un reportage samedi soir que M. Labonté avait eu plusieurs entretiens téléphoniques avec l'homme d'affaires Tony Accurso entre janvier et février 2009.

Il révélait aussi que M. Labonté avait non seulement rencontré une fois, mais deux fois M. Accurso au printemps 2008.

M. Labonté est au coeur d'une controverse depuis quelques jours concernant une aide financière douteuse qu'il aurait reçue de l'homme d'affaires.

Samedi, il avait déjà annoncé qu'il quittait son poste de chef de l'opposition officielle et de lieutenant de Louise Harel, mais demeurait candidat au poste de conseiller dans le district de Sainte-Marie.

En conférence de presse, samedi, le maire de Ville-Marie a réaffirmé qu'il n'avait jamais reçu d'argent de Tony Accurso, contrairement à ce que des sources ont dit à Radio-Canada.

Il a ajouté n'avoir jamais reçu d'enveloppe de qui que ce soit, et de quelque façon que ce soit.

M. Labonté a affirmé qu'il quittait ses fonctions pour ne pas porter ombrage à la campagne électorale de Vision Montréal.

M. Labonté a ajouté être « victime d'accusations mensongères et grossières de la part d'adversaires politiques manifestement paniqués. »

L'ex-chef de Vision Montréal a martelé que les affirmations des sources anonymes citées par les médias depuis vendredi sont « totalement fausses » et que « les mesures légales appropriées » seront prises.

Benoît Labonté trouve pour le moins étrange que ces allégations, qui concernent de présumés faits ayant eu lieu en 2008, surgissent à l'approche du scrutin.

Lorsqu'on a affaire à des sources anonymes multiples qui n'oeuvrent pas à visage découvert, à deux semaines d'échéance d'une campagne électorale, cela relève plus de la tentative d'assassinat politique qu'autre chose.

— Benoît Labonté

M. Labonté a indiqué que les gestes qui lui sont reprochés n'ont rien à voir avec la présente campagne électorale et que toutes ces histoires sont antérieures à l'arrivée de Louise Harel à la tête de Vision Montréal.

M. Labonté réclame que les témoins anonymes contactent le Directeur général des élections pour leur faire part de ce qu'ils pensent savoir.

Gérald Tremblay réagit

En conférence de presse dimanche matin, le maire sortant et chef d'Union Montréal, Gérald Tremblay, a affirmé qu'il était ridicule d'associer des gens travaillant ou ayant travaillé avec son équipe aux récentes allégations sur Benoît Labonté.

M. Tremblay a dit ne pas se réjouir des problèmes de Vision Montréal, estimant que cette affaire risque davantage d'alimenter le cynisme des électeurs, appelés aux urnes dans deux semaines.

Par ailleurs, M. Tremblay a affirmé qu'il n'a jamais rencontré l'entrepreneur et homme d'affaires Tony Accurso, au centre des récentes révélations au sujet de Benoît Labonté.

Harel exige des preuves

Louise Harel

Louise Harel

Quelques heures après l'annonce samedi de Benoît Labonté, la chef de Vision Montréal contenait à peine sa colère lors d'un point de presse donné en réaction à la démission de son bras droit, Benoît Labonté, que des sources anonymes rapportées dans les médias accusent d'avoir reçu du financement illégal en 2008.

Mme Harel n'avait pas demandé le retrait de Benoît Labonté comme candidat du district de Sainte-Marie.

Louise Harel a demandé à ces sources de contacter dans les 48 heures le Directeur général des élections (DGE) pour lui faire part de ce qu'ils savent. Elle a par ailleurs expressément encouragé les journalistes qui ont eu recours à ces mêmes sources de les presser d'agir en ce sens.

La chef de Vision Montréal estime que si ces sources ne contactent pas le DGE d'ici là, il sera légitime de penser que tout aura été une « machination politique » destinée à nuire à son parti.

C'est à visage découvert que la politique se fait. C'est innommable, dans une société démocratique, de pouvoir impunément accuser des personnes à visage caché, alors qu'aucune crainte de représailles n'est justifiée.

— Louise Harel

Comment se défendre, ajoute-t-elle, lorsqu'on ne connaît pas ses accusateurs. Louise Harel a ajouté qu'il était légitime de se demander pourquoi les « visages cachés » le demeurent.

En ce sens, elle n'écarte pas la possibilité que des gens travaillant ou ayant travaillé avec l'équipe de Gérald Tremblay d'Union Montréal soient impliqués dans cette charge contre Benoît Labonté.

Ce que je considère le plus important dans ma vie est ma réputation, et je suis extrêmement fière de faire campagne avec de l'argent propre.

— Louise Harel

Répliquant à ces accusations, le maire sortant de Montréal, Gérald Tremblay, a fait une brève déclaration où il a simplement dit « c'est tellement ridicule », avant d'ajouter qu'il n'avait pas d'autres commentaires à faire.

Radio-Canada.ca avec Presse canadienne

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