D'autres villes et universités contre le projet de charte

L'Université de Montréal

D'autres opposants au projet de charte de la laïcité du gouvernement Marois ont décidé de se faire entendre. Il s'agit des universités de Montréal et de Sherbrooke, qui ne voient pas l'utilité d'une telle charte au sein de leur institution.

L'opposition provenant des villes de Hampstead et de Côte-Saint-Luc sur l'île de Montréal est cependant plus virulente.

Le conseil municipal de Hampstead a adopté à l'unanimité une résolution qui qualifie le projet de charte de raciste, haineux et immoral. 

« Dans une démocratie, la majorité n'a pas le droit de passer des lois qui sont racistes. Moi je suis juif orthodoxe, je porte une kippa tout le temps et je n'aurais plus le droit d'être dans mon conseil », dit le conseiller Jack Edery. La loi ne sera pas appliquée à Hampstead, prévient la Ville.

Même son de cloche du côté de Côte-Saint-Luc.

« On ne favorise aucune religion, mais on appuie ceux et celles qui veulent affirmer leur religion ici à Côte-Saint-Luc, et pour moi la loi 60 est une loi adieu », ajoute le maire Anthony Housefather. Il s'engage cependant à déposer un mémoire à la commission parlementaire cet hiver pour faire valoir son point de vue.

Guy Breton, recteur de l'Université de Montréal Guy Breton  Photo :  Université de Montréal

Les universités de Montréal et de Sherbrooke feront la même chose. 

« Nous, à l'Université de Montréal, on ne prendra pas position officiellement pour ou contre la charte dans la société en général. On va prendre position pour ce qui est requis à l'intérieur de nos murs. Puis notre expérience c'est qu'on a été capable jusqu'ici de gérer la situation sans qu'il y ait de crise, de grief ou de chicane », déclare le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton.

La rectrice de l'Université de Sherbrooke va plus loin et affirme que toute forme de restriction est incompatible avec la nature même des universités.

D'après le reportage de René Saint-Louis