La policière Stéfanie Trudeau avait besoin d’aide, selon une proche

Le reportage de Sylvie Fournier

La policière Stéfanie Trudeau, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), s'expose à une accusation d'agression armée pour avoir aspergé des manifestants de poivre de Cayenne, le 20 mai dernier, pendant le printemps étudiant.

C'est parce qu'elle avait peur de faire face à cette accusation qu'elle a redemandé de l'aide à la Fraternité des policiers de Montréal, la semaine dernière, raconte une de ses proches.

« Elle est allée dire : "J'ai besoin d'aide, allez-vous m'aider? Il y en a un aux États que les fils se sont touchés. Attendez-vous que les fils me touchent?" Elle a pas dit qu'elle allait faire ça », raconte cette personne, qui refuse d'être identifiée.

Les propos de Mme Trudeau ont semé l'inquiétude et mené à son arrestation pour avoir proféré des menaces. Aucune accusation n'a finalement été portée contre elle, à condition qu'elle consente à être hospitalisée et qu'elle promette de garder la paix. La policière est toujours hospitalisée à Sherbrooke, où elle irait beaucoup mieux.

Sa soudaine notoriété et, surtout,les menaces de mort proférées à son endroit sur les réseaux sociaux l'ont fortement ébranlée. 

« L'adresse de madame Trudeau a sorti, la sécurité de sa famille est en danger. C'est inacceptable, inacceptable! », poursuit cette personne. 

L'avocat de Mme Trudeau, Jean-Pierre Rancourt, compte faire valoir que la policière n'a fait que son devoir, et que si elle n'avait pas fait le nécessaire pour disperser les manifestants, c'est elle qui se serait exposée à des poursuites criminelles. « Vous savez qu'à Montréal, il y a 3000 policiers, je pense, et il y en a seulement 45 qui sont formés dans une émeute pour utiliser du poivre de Cayenne, dont ma cliente, dit-il. Elle a été formée pour ça, et c'est la façon dont on lui a montré comment agir, et elle devait le faire. Donc on ne peut pas démontrer, à mon avis, de force excessive. ».

Après l'incident du poivre de Cayenne, en mai, l'agent Trudeau a été en congé de maladie pendant trois mois. Son avocat estime qu'elle été rappelée au travail prématurément.
Puis, en octobre, l'arrestation musclée de quatre personnes, pour une histoire de bière dans la rue, a amené le chef du SPVM à présenter des excuses.
L'incident ne reflète pas le travail de la policière, toujours selon l'une de ses proches.

« [Stéfanie Trudeau,] c'est une police qui a donné 20 ans de carrière, qui aurait défendu n'importe qui, qui aurait pris une balle pour n'importe qui », dit-elle.
Le sort de l'agente Stéfanie Trudeau n'est toujours pas fixé. Elle attend toujours le dénouement des deux enquêtes criminelles dont elle est l'objet.

D'après un reportage de Sylvie Fournier, de l'émission Enquête

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