Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Affrontements entre policiers et manifestants à Montréal

Manifestation au carré Saint-Louis à Montréal (16 h)

Une manifestation pour la gratuité scolaire s'est achevée mardi en fin d'après-midi par des heurts entre manifestants et policiers aux alentours du carré Saint-Louis, à Montréal.

Vers 16 h, des manifestants ont tiré des balles de neige sur les policiers, ce qui a provoqué une réaction immédiate et musclée des policiers.

Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont dispersé les manifestants en utilisant des grenades assourdissantes et du poivre de Cayenne, avant de procéder à 13 arrestations. 

Les forces de police ont par la suite bouclé l'intersection des rues Sherbrooke et Saint-Denis ainsi que les alentours du parc Émilie-Gamelin, plus au sud.

Environ une heure après le début des affrontements, la manifestation a pris fin au parc Émilie-Gamelin, où quelques manifestants ont réussi à s'y rendre.

L'escouade antiémeute de la Sûreté du Québec a été déployée en renfort aux policiers du SPVM.

Les manifestants, rue Sherbrooke Les manifestants, rue Sherbrooke

Le coporte-parole de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), Jérémie Bédard-Wien, a accusé les policiers d'avoir fait déraper la manifestation en chargeant les manifestants au coin des rues Cherrier et Saint-Denis.

Il a qualifié le comportement des policiers de « choquant ».

M. Bédard-Wien s'interroge si « le gouvernement Marois a l'intention de continuer dans cette veine pour réprimer la contestation politique face à l'indexation ».

Selon le porte-parole du SPVM Ian Lafrenière, ce sont des « projectiles » lancés sur des policiers et des chevaux qui ont conduit les forces de l'ordre à disperser la manifestation. Il a rapporté que des policiers ont été rudoyés et poussés par certains manifestants.

M. Lafrenière a indiqué que des cocktails Molotov ont été retrouvés chez certains manifestants.

Auparavant, la manifestation avait été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), car aucun itinéraire ne lui avait été fourni, conformément au règlement P-6 de la Ville de Montréal. Le SPVM avait déclaré qu'il tolérerait la marche si aucun acte répréhensible n'était commis. 

L'appel à manifester avait été lancé par ASSE, qui a boycotté le Sommet sur l'enseignement supérieur, se plaignant que les thèmes qu'elle voulait voir figurer à son ordre du jour n'aient pas été retenus.

Les manifestants scandaient entre autres : « Parti québécois, parti bourgeois », « À qui le Québec? À nous le Québec ».

Les policiers du SPVM ont été fortement mobilisés sur les lieux de la manifestation. Hormis quelques oeufs lancés sur l'édifice qui abrite les bureaux de Loto-Québec, mais surtout ceux de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), la manifestation se déroulait dans le calme.

Une manifestation tenue lundi à l'issue de la première journée du Sommet avait conduit à cinq arrestations, selon le plus récent bilan du SPVM.

L'ASSE se mobilise

Le coporte-parole de l'ASSE avait assuré dans un point de presse mardi, avant le début de la manifestation, que l'indexation décidée par le gouvernement de Pauline Marois « ne passera pas ». Il a considéré que le Sommet sur l'enseignement supérieur n'a été qu'un « exercice de relations publiques ».

Jérémie Bédard-Wien a accusé le gouvernement d'avoir « floué » les étudiants en décidant « une énième hausse » des droits de scolarité. Il a assuré que les étudiants vont le « rappeler » au gouvernement.

Il a indiqué que les étudiants organiseront dans les semaines à venir des assemblées générales pour « déterminer la marche à suivre ».

Des tracts ont par ailleurs été distribués au cours de l'après-midi pour inviter les gens à se « révolter » contre l'indexation, à l'occasion d'une manifestation nocturne qui se tiendra au parc Émilie-Gamelin le 5 mars prochain. 

Interrogé sur les protestations en marge du sommet, le ministre Pierre Duchesne a répondu que « les manifestations font partie de la démocratie. Une manifestation, ce n'est pas une crise ».

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