La policière Stéfanie Trudeau, mieux connue par son numéro de matricule, le 728, a été arrêtée dans la nuit de lundi à mardi à son domicile de Longueuil. Un policier aurait porté plainte contre elle.
Aucune accusation contre l'agente du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a été déposée pour le moment, mais un dossier a été soumis. La policière devait comparaître mardi après-midi au palais de justice de Montréal pour des accusations de menaces, mais elle a finalement été rayée du rôle des comparutions. L'avocat de Mme Trudeau, Me Jean-Pierre Rancourt, insiste sur le fait qu'elle n'a pas proféré de menace contre un policier en particulier.
M. Rancourt soutient que sa cliente souhaitait demander de l'aide et que c'est pour cette raison qu'elle s'est rendue à la Fraternité des policiers, lundi matin. « Je n'ai pas les propos exacts, mais je sais que son collègue là-bas, les propos incohérents de ma cliente lui laissaient penser qu'elle avait besoin de soins, explique Me Rancourt. D'ailleurs, c'est lui-même qui a appelé pour prendre rendez-vous avec un psychiatre, hier. »
L'avocat Jean-Pierre Rancourt
Avant d'être remise en liberté, l'agente de 40 ans a signé un document stipulant qu'elle s'engage à garder la paix pendant un an et à ne pas approcher le policier du SPVM qui aurait porté plainte contre elle. Pendant un an, elle ne pourra pas rentrer dans un bureau du SPVM ou de la Fraternité des policiers, à moins d'être accompagnée par un avocat.
Le juge lui a aussi ordonné de se rendre au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS), où elle sera évaluée au cours des 15 prochains jours par le psychiatre Pierre Gagné. Ce dernier décidera si la policière est apte à recouvrer sa liberté totale.
Mme Trudeau s'est retrouvée au coeur d'une controverse en octobre dernier après avoir malmené trois hommes lors d'une intervention musclée à Montréal, dans un immeuble d'habitation de l'avenue Papineau. Après la diffusion d'images de cette arrestation par Radio-Canada, l'agente avait été suspendue par le SPVM pour la durée d'une enquête interne.
Quelques mois plus tôt, en mai, la policière avait été filmée alors qu'elle poivrait sans préavis un groupe de manifestants étudiants. La vidéo avait fait le tour de la toile. Le SPVM l'avait alors retirée des manifestations, mais sans la suspendre.
L'arrestation de l'agente ne serait cependant pas liée à ces deux événements.