Le DG de la Ville de Montréal défend l'intégrité du processus d'embauche

Le directeur général de la Ville de Montréal, Guy Hébert Le directeur général de la Ville de Montréal, Guy Hébert

La Ville de Montréal défend son intégrité dans le processus d'embauche de ses cadres, qui a été mis à mal par le rapport annuel 2012 de la Commission de la fonction publique de Montréal divulgué par le journal La Presse.

« Je suis franchement estomaqué », a déclaré le directeur général de la Ville, Guy Hébert. « C'est tout à fait faux », a-t-il poursuivi au cours d'une conférence de presse organisée pour démentir les allégations de « pratiques arbitraires qui heurtent les valeurs d'équité, d'impartialité et de transparence » citées dans le rapport dont La Presse a obtenu copie.

« La Ville de Montréal est une administration publique transparente qui n'a rien à cacher [et] qui respecte en tout temps les processus les plus rigoureux en matière de recrutement d'employés et d'embauche de cadres », a indiqué M. Hébert.

« Je veux être clair : l'arbitraire, le copinage et le favoritisme n'ont pas leur place à la Ville de Montréal. Au contraire! Nous sommes une organisation guidée par des valeurs d'équité, de transparence et de rigueur dans nos processus de dotation et de gestion de notre main-d'œuvre. » — Guy Hébert

M. Hébert explique que la Ville procède rigoureusement à l'embauche de son personnel afin d'offrir à ses citoyens des services de qualité aux meilleurs coûts possible. Il avance que tous les processus d'embauche sont décrits dans le document sur « la politique de dotation de la gestion de la main d'œuvre ». M. Hébert souligne que la politique a été adoptée par le conseil exécutif de la Ville en septembre 2011 et que l'administration s'y conforme.

M. Hébert s'étonne que le rapport de la Commission de la fonction publique ait atterri entre les mains de journalistes avant que les élus aient pu en prendre connaissance.

« C'est un véritable affront au conseil municipal que de donner le contenu de ce rapport à une journaliste plutôt qu'aux élus. Ce n'est pas une démarche professionnelle. » — Guy Hébert

Bien que le rapport souligne que des décisions administratives ont nui aux efforts de la Commission de la fonction publique, le directeur général de la Ville soutient que les livres de la Ville sont ouverts autant pour la Commission que pour le vérificateur général ou le contrôleur général. M. Hébert estime que les changements qu'il a entrepris depuis son arrivée en fonction pourraient avoir dérangé et fait des mécontents. Il cite les changements suivants au processus d'embauche :

  • Entrevue obligatoire pour les postes de direction;
  • Recours obligatoire aux tests psychométriques;
  • Vérifications des antécédents des candidats.

M. Hébert a précisé qu'il poursuivra la centralisation des embauches à la Ville de Montréal, malgré le mécontentement qu'elle suscite. Il soutient travailler dans le meilleur intérêt des citoyens.

Projet Montréal estime qu'il y a trop de cadres

Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, a rappelé que son parti a dénoncé à plusieurs reprises le nombre élevé de cadres à Montréal. « Le taux d'encadrement est d'un cadre pour 9,6 employés à Montréal. Dans les autres grandes organisations, privées ou au gouvernement du Québec, le taux jugé acceptable est d'un cadre sur 12, un cadre sur 13. Si c'était un sur 13, nous arriverions à la conclusion qu'il y a 400 cadres de trop à Montréal. Comme chacun d'eux coûte 156 000 $ par année - 100 000 $ en salaire plus 56 000 $ en avantages sociaux - c'est une dépense de 62 millions de dollars »,a-t-il précisé en point de presse jeudi.

Concernant le différend qui oppose la Commission de la fonction publique de Montréal à la Ville de Montréal, il a renvoyé la balle au ministre des Affaires municipales pour qu'il clarifie le rôle de la Commission.

« J'entends les arguments de l'administration aujourd'hui et je me dis que c'est au législateur de prendre position à ce sujet. », a-t-il déclaré.

Pour sa part la chef de Vision Montréal, Louise Harel, déposera une motion le 25 février prochain devant le conseil municipal pour demander à Québec de consolider le rôle et les pouvoirs de la Commission de la fonction publique.