Adolescent tué à Dorval : le garçon de 12 ans accusé d'homicide involontaire

L'entrevue avec Me Alexandre Garel

Le jeune frère de l'adolescent tué par balle lundi soir à Dorval a été accusé de possession d'une arme prohibée et d'homicide involontaire coupable, mardi après-midi, au Tribunal pour adolescents de Montréal.

La Couronne s'oppose à sa remise en liberté. Il demeurera ainsi détenu en centre jeunesse en attendant son procès.

« L'enquête n'est pas terminée. Ce sont des accusations extrêmement graves », a précisé la procureure de la Couronne Marie-Claude Bourassa.

Le garçon encourt une peine de trois ans de réclusion s'il est éventuellement reconnu coupable des accusations déposées contre lui.

« Notre décision, dans chaque dossier, est entièrement basée sur la preuve que nous avons et comme je l'ai dit, les policiers continuent leur enquête, a-t-elle poursuivi. Mais, pour le moment, nous avions suffisamment d'éléments de preuve pour déposer ces accusations. »

« Ce sont des événements extrêmement tristes, mais la preuve est suffisante pour déposer les accusations qui ont été déposées. » — Marie-Claude Bourassa

Long interrogatoire

Les enquêteurs des crimes majeurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont interrogé le garçon de 12 ans pendant une bonne partie de la nuit, après l'événement qui a coûté la vie à son frère de 16 ans. À la lumière des accusations déposées, les enquêteurs et le Directeur des poursuites criminelles et pénales ont donc estimé que le jeune homme avait eu l'intention de menacer ou de tuer son frère.

Les deux frères étaient seuls dans la résidence familiale de la rue Hamilton, à Dorval, dans l'ouest de l'île de Montréal, quand le plus jeune s'est retrouvé en possession d'une arme de poing chargée. Un coup de feu est parti et l'aîné a été mortellement atteint à la tête.

L'enfant a lui-même téléphoné aux services d'urgence vers 17 h 30 pour leur signaler qu'il avait atteint son frère aîné par balle. Le décès de l'adolescent de 16 ans a été constaté à l'hôpital du Lakeshore.

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, s'est senti interpellé par le drame de Dorval. Après avoir rappelé la tristesse du drame, il a indiqué que l'événement militait en faveur d'un projet de loi sur le contrôle des armes à feu.

L'intention en question

Le criminaliste Conrad Lord expliquait toutefois, plus tôt mardi sur les ondes de RDI, la difficulté de prouver la responsabilité criminelle de l'enfant. « Est-ce qu'on peut penser qu'un jeune homme va manipuler raisonnablement une arme à feu? C'est là toute la question », a-t-il confié en entrevue à RDI.

« Il faut se mettre dans un contexte de jeunes hommes de 12 et 16 ans. La [notion de] maturité et d'intention est totalement différente de ce que l'on pourrait voir chez des adultes ou de jeunes adultes. » — 
Les policiers du SPVM sur les lieux du drame de Dorval. Les policiers du SPVM sur les lieux du drame de Dorval.

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