L'opposition officielle à l'Hôtel de Ville a tenu samedi une conférence sur le thème de la corruption, au moment où le parti du maire Gérald Tremblay est éclaboussé par des allégations faites à la Commission Charbonneau.
La chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui continue d'exiger le départ du maire Tremblay, préconise la création d'un poste de Commissaire à l'éthique qui permettrait aux citoyens de signaler des comportements douteux au sein de l'administration municipale.
Mme Harel propose également que l'expertise du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) soit mise à contribution, notamment dans l'octroi des contrats. Elle exige par ailleurs le rétablissement de la ligne éthique au vérificateur général, une fonction que l'administration Tremblay a choisi de transférer à son contrôleur général.
Jacques Duchesneau participe à la conférence
Vision Montréal a invité le député de la Coalition avenir Québec (CAQ), Jacques Duchesneau, à participer à la conférence qui vise à trouver des solutions pour rétablir la confiance des Montréalais dans l'administration publique.
Pour sa première sortie publique depuis la dernière élection provinciale, Jacques Duchesneau est revenu sur son sujet de prédilection en suggérant quelques pistes de solution afin de faire face au problème de la corruption, qu'il situe à plusieurs niveaux et dans différents secteurs d'activités.
M. Duchesneau propose entre autres de limiter le nombre de mandats et de revoir le financement des partis politiques.
Les allégations de Lino Zambito à la Commission Charbonneau n'ont par ailleurs pas surpris le député caquiste. « Est-ce qu'il faut juste cibler le monde de la construction ou regarder de manière plus large pour voir les failles qu'on a dans le système, dans les systèmes? », a-t-il demandé.
Selon M. Duchesneau, le mandat de la Commission Charbonneau d'enquêter sur l'octroi et la gestion des contrats publics dans l'industrie de la construction est « quand même limité ». « Il faut regarder les stratagèmes dans différents secteurs », a-t-il plaidé.
La problématique de l'octroi de contrats
Également panélistes à la conférence, le député libéral Guy Ouellette et le criminologue André Normandeau ont proposé, avec l'appui de M. Duchesneau, de permettre à des policiers de s'immiscer dans la vie politique et de soumettre les fournisseurs qui appliquent sur des contrats municipaux à une habilitation sécuritaire.
Un processus de la sorte entraînerait selon eux la vérification des antécédents et de la probité d'un soumissionnaire. « Tu passes ça, le processus d'octroi au plus bas soumissionnaire ne s'appliquera pas. [...] On semble menottés par le plus bas soumissionnaire », a lancé M. Ouellette, qui a autrefois participé à la création de l'escouade Carcajou pour la lutte au crime organisé.
M. Ouellet a par ailleurs refusé de commenter les allégations qui concernent son parti, notamment le don de billets de spectacle à l'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau et des méthodes de financement frauduleuses au Parti libéral du Québec. « Il n'y a personne qui est au-dessus des lois au Québec », s'est-il contenté de dire.
Sur la question du financement des partis politiques, Louise Harel affirme que le ménage a été fait au sein de sa formation politique et que cela a beaucoup changé depuis son arrivée à Vision Montréal.