Une microrafale s'est abattue sur la région de Saint-Rémi, en Montérégie, mercredi soir. Malgré l'absence de capteurs de vents d'Environnement Canada dans le secteur, l'importance et la nature des dégâts causés par les intempéries confirment l'impression des résidents.
Les dégâts se situent dans un corridor très défini, d'une largeur d'environ 35 mètres, de la municipalité de Saint-Rémi à Hemmingford. Des vents de 120 à 130 km/h ont déraciné des arbres centenaires, endommagé des poteaux électriques, de nombreuses maisons et des champs cultivés dans ce corridor de dévastation.
Environnement Canada a dépêché des experts sur les lieux, jeudi matin, afin d'enquêter sur le phénomène. Ils ont confirmé que c'était bien une microrafale qui s'était abattue sur la Montérégie.
Des arbres sont tombés en raison des vents violents à St-Rémi en Montérégie.
Quelque 6000 foyers étaient privés d'électricité jeudi matin en raison des forts vents et des orages qui ont frappé la Montérégie. En fin de journée, il ne restait plus que 500 foyers sans électricité, les cas les plus lourds, dans la région de Châteauguay et Mercier.
Des agriculteurs rapportent aussi des dégâts dans leurs cultures. Les forts vents ont blessé des plans qui deviennent ainsi plus vulnérables aux maladies. Les vents ont détruit de nombreuses récoltes d'oignons, de choux et de laitue notamment dans les champs d'agriculteurs des municipalités de Saint-Rémi, Saint-Michel, Sherrington et jusqu'à Hemmingford.
Selon les premières estimations de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec, environ 75 entreprises maraîchères ont subi des dégâts dont la valeur pourrait dépasser 50 millions de dollars.
La tempête pourrait avoir un impact sur l'approvisionnement en fruits et légumes du Québec dans les marchés de la province ainsi que sur leur prix. « Les producteurs maraîchers du Québec oeuvrent déjà dans un contexte extrêmement compétitif avec des marges de manoeuvre restreintes et avec très peu de soutien de l'État comparativement à d'autres secteurs de production », affirme le président de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec (AJMQ), Mario Isabelle.
Le ministre québécois de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation, Pierre Corbeil a assuré les agriculteurs que le gouvernement du Québec leur viendrait en aide. « On parle d'assurance, s'est en fonction du dommage, en fonction du sinistre », a-t-il expliqué lors de son passage en Montérégie. « Si vous avez perdu un champ de salades ou un champ de carottes ou un champ d'oignons, ce n'est pas nécessairement le même prix. Alors, il y a des évaluations très particulières, très précises, très pointues à faire et c'est ce que les employés, et de la Financière et du ministère vont s'employer à faire au cours des prochains jours et des prochaines semaines. »
L'AJMQ se dit satisfaite de l'intérêt manifesté par le ministre Corbeil.