Un chantier vert de 300 000 arbres pour Montréal

Forêt  Photo :  Vincent Champagne

La Ville de Montréal veut compter 300 000 arbres de plus d'ici 2021, sur une surface équivalant à 65 fois le parc La Fontaine. L'exécutif a déposé vendredi, en ce sens, son projet de Plan d'action canopée 2012-2021.

Ce projet, considérant l'arbre urbain comme une « formidable machine », essentielle pour « apprivoiser les impacts des changements climatiques déjà amorcés », se veut un outil pour améliorer la qualité de l'air, réduire les effets du smog, combattre la formation d'îlots de chaleur et réduire les eaux de ruissellement.

La Ville espère aussi que la mesure aura pour effet de hausser la valeur foncière des immeubles et d'aider à attirer et à conserver les entreprises et les résidents sur le territoire.

Le Ville veut que la canopée (partie supérieure de la forêt sur un site) occupe le quart du territoire montréalais. Elle en occupe présentement 20 %.

Selon les estimations de la société de verdissement SOVERDI, qui a participé à l'élaboration du plan, le projet nécessitera un investissement total de 158 millions de dollars. L'effort municipal sera de 88 millions et la Ville espère que les domaines privés et institutionnels fourniront 70 millions.

La Ville estime que ces coûts sont « minimes », considérant les bienfaits de la croissance de la canopée.

« L'arbre est un actif qui s'apprécie avec le temps, contrairement aux infrastructures bâties. Quel ouvrage, fruit du génie humain, peut offrir autant de bénéfices à un si faible coût? » — Extrait du projet de Plan d'action

Des arbres déjà menacés

La Ville détermine à l'heure actuelle trois périls pour les arbres montréalais déjà existants, dont la mise en valeur, par des promoteurs, de terrains vacants boisés à l'extérieur des parcs protégés et l'abattage d'arbres publics et privés dans les milieux habités.

Les arbres montréalais aussi sont menacés par l'agrile du frêne, rappelle la Ville. Cet insecte ravageur venu d'Asie menace la santé de plus de 45 000 frênes. L'agrile, qui ne possède aucun prédateur naturel en Amérique, a déjà ravagé des millions d'arbres sur le continent depuis 2002, année où le problème a été détecté. La Ville croit que la canopée pourrait réduire de 2 % d'ici 15 ans à cause de ce fléau.

À Montréal, la canopée représente à l'heure actuelle 20,3 % de la superficie de Montréal, a déterminé la Ville à partir de photos aériennes prises en 2007.

Selon ses calculs, les arrondissements et les villes liées qui disposent actuellement du plus faible niveau de canopée sont Montréal-Est (6 %), Saint-Léonard (9 %) Dorval (10 %) et Anjou (10 %). Les mieux pourvus sont L'Île-Dorval (73 % ), Senneville (56 %) et L'Île-Bizard-Sainte-Geneviève (43 %).