Enseignement supérieur au Québec : un débat de société
Montréal a été le terrain de trois manifestations distinctes mardi. Deux rassemblements étaient organisés à l'occasion de la fête des Travailleurs, tandis que les associations étudiantes poursuivaient dans la rue, pour une huitième soirée, leur mouvement de contestation contre la hausse des frais de scolarité.
Les étudiants se sont regroupés au parc Émilie-Gamelin pour une autre manifestation étudiante nocturne, la huitième en huit soirs. La marche s'est s'amorcée vers 20 h 30. L'objectif des policiers est d'éviter que les étudiants manifestent sur la rue Sainte-Catherine, de crainte d'actes de vandalisme.
Vers 21 h 25, le SPVM indiquait que « la manifestation [était] pacifique » et que « tout se déroul[ait] dans l'ordre ». À partir de René-Lévesque, les marcheurs venaient de tourner sur la rue Jeanne-Mance vers le nord.
La manifestation de lundi a rassemblé entre 8000 et 10 000 personnes, selon les estimations du SPVM.
Arrestations dans les rangs de la CLAC
Plus tôt, une première manifestation, organisée par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC), a été déclarée illégale par le Service de police de la Ville de Montréal peu après 18 h. Au moins 107 personnes ont été arrêtées.
Des manifestants participant à la marche de la CLAC
Invoquant « plusieurs actes criminels », les policiers ont demandé aux manifestants de quitter les lieux. Plusieurs projectiles auraient été lancés et un citoyen aurait été blessé, selon le SPVM, qui dit avoir utilisé des irritants chimiques pour disperser la foule.
Après avoir donné les consignes aux manifestants, des policiers avaient indiqué aux protestataires qu'aucun acte illégal ne serait toléré.
Selon les journalistes de Radio-Canada sur place, le nombre de manfestants était estimé à 1000, avant que l'ordre de dispersion ne soit donné. La foule comptait une soixantaine de membres des Black Bloc, un mouvement anarchiste qui n'appartient à aucune organisation formelle.
Des manifestants se sont rendus au parc Émilie-Gamelin, près du métro Berri-UQAM, où ils ont affronté les policiers dans une atmosphère tendue.
Les organisateurs de la marche n'avaient pas communiqué l'itinéraire. Le rassemblement, qui à ses débuts ne réunissaient que des dizaines de personnes, s'est amorcé près du métro Champ-de-Mars en fin d'après-midi.
Les organisateurs avaient lancé un appel très large aux laissés-pour-compte de la société. Les manifestants disent défendre les droits des travailleurs, des étudiants et de toutes les personnes en situation précaire.
Un manifestant a été arrêté.
Avant que la manifestation ne se mette en branle, une arrestation avait déjà été effectuée, ce qui a suscité une confrontation avec les policiers. Le SPVM a dit avoir arrêté un homme qui avait violé les conditions imposées par le tribunal en participant à ce rassemblement.
Les relations entre la CLAC et les policiers sont, de façon générale, assez tendues. Des manifestations antérieures ont donné lieu à de nombreuses arrestations.
Étudiants et syndiqués unis
Le ton était plus festif au rassemblement organisé par les syndicats, auxquels se sont joints les associations étudiantes et le mouvement Occupons Montréal. Le rassemblement s'annonçait également plus imposant. Les organisateurs attendaient 20 000 participants, alors qu'ils ne sont habituellement que 5000.
Sous un temps plutôt gris, la marche a débuté vers 19 h, à partir du parc Molson, à l'angle des rues d'Iberville et Beaubien, et tout s'est déroulé dans l'ordre selon le SPVM. Le groupe a atteint son point d'arrivée, le parc Père-Marquette, entre le boulevard Rosemont et la rue des Carrières, vers 20 h.
Les représentants de la Fédération étudiante collégiale (FECQ), de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) devaient prononcer une courte allocution avant le départ de la marche.