Droits de scolarité au Québec : un débat de société

Manifestation généralement pacifique contre l'offre de Jean Charest

Manifestation contre la proposition de Jean Charest

Des milliers d'étudiants ont manifesté vendredi soir sous le thème : « C'est pas une offre, c'est une insulte! » Le rassemblement, généralement pacifique, a tout de même donné lieu à quelques débordements attribués à un petit groupe de personnes.

Au total, 35 personnes ont été arrêtées.

« Des manifestants nous ont aidés », a affirmé le porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Yannick Ouimet. Les pol SPVM a estimé que 98 % des participants étaient pacifiques, expliquant que des appels au calme avaient été entendus et que la procession s'était même immobilisée pour permettre l'intervention de policiers contre des casseurs.

« L'adversaire c'est le gouvernement Charest, puis on espère qu'il va plier sur la hausse ou qu'il va démissionner. » — Un manifestant

Les manifestants s'étaient d'abord rassemblés au parc Émilie-Gamelin, près de l'Université du Québec à Montréal. Ils ont ensuite entamé leur marche, empruntant diverses rues du centre-ville.

Lors de la manifestation, des casseurs ont brisé une vitrine, et une bagarre a éclaté entre ceux-ci et des étudiants qui voulaient leur montrer qu'ils n'étaient pas les bienvenus dans la manifestation.

« C'est sûr qu'il y a des gens violents, mais ce n'est vraiment pas la majorité! » — Une manifestante

Vers 22 h 15, les policiers ont déclaré la manifestation illégale et a demandé aux participants de se disperser. Le SPVM a invoqué les nombreux projectiles lancés sur les policiers pour justifier sa décision.

Les forces de l'ordre ont utilisé des « jets irritants » contre certains manifestants.

Moins d'une heure plus tard, une intervention policière avait lieu à l'intersection des rues de Bleury et Sainte-Catherine. Un deuxième avis de manifestation illégale a été émis.

Les journalistes sur place ont constaté que plusieurs étudiants du secondaire ont participé à la manifestation.

Des manifestants interrogés par Radio-Canada étaient unanimes à dénoncer l'offre du gouvernement qui ferait passer la hausse des droits de scolarité de 1625 $ à 1778 $, sur sept ans au lieu de cinq ans. Une hausse, donc, de 82 % sur sept ans. Elle était, initialement, de 75 % sur cinq ans.

« Pourquoi vous pensez qu'on est plus de 170 000 étudiants en grève encore en ce moment? Bien c'est parce qu'on n'est pas d'accord avec ce que le gouvernement nous fait endurer et on n'est pas prêt de laisser tomber tout le mouvement pour une offre aussi bidon! » — Une manifestante

Notre couverture en direct de la manifestation de Montréal :

Plus tôt dans la journée, une centaine de personnes ont manifesté sur la Grande Allée à Québec, à l'invitation de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE). De ce nombre, 81 manifestants ont été arrêtés par les policiers. Une autre manifestation avait lieu en soirée devant l'Assemblée nationale.

À Sherbrooke, les étudiants du cégep ont reconduit la grève jusqu'au 4 mai et la direction a décidé de suspendre le retour en classe prévu vendredi. Une manifestation a eu lieu à cet endroit aussi.

D'autres étudiants ont marché dans les rues de Gatineau vendredi soir.

Jeudi soir, des centaines de personnes avaient aussi manifesté de façon pacifique dans les rues du centre-ville de Montréal, dans le cadre du mouvement étudiant.

En complément