Raynald Desjardins lors de son arrestation, le 21 décembre dernier.
Raynald Desjardins, un membre influent du crime organisé montréalais, jugé pour le meurtre de Salvatore Montagna en décembre dernier, engage deux nouveaux avocats pour le défendre.
Bien qu'il bénéficie déjà des services d'un avocat réputé, Marc Labelle, Raynald Desjardins entend grossir son équipe de défenseurs en engageant Me Isabel Schurman et Me Edward Greenspan, un avocat torontois très connu, grand spécialiste des questions de droits et libertés.
Me Greenspan devra cependant obtenir la permission du tribunal pour représenter Raynald Desjardins au Québec.
Desjardins a été arrêté le 21 décembre dernier et accusé avec trois autres suspects du meurtre de Salvatore Montagna, un membre de la mafia successeur potentiel du parrain Nicolo Rizzuto. L'homme avait été retrouvé sur les berges de la rivière L'Assomption, le 24 novembre dernier, à Charlemagne. Il avait été atteint d'un projectile d'arme à feu.
L'arrestation de Raynald Desjardins et de ses trois présumés complices dans cette affaire avait été rendue possible grâce à l'écoute de leurs conversations et aux messages que les suspects s'étaient échangés avec leurs téléphones intelligents.
La Couronne refuse de fournir les mandats d'écoute électronique
La défense, qui avait demandé dès l'ouverture du procès de pouvoir consulter les mandats d'écoute électronique, avait essuyé un refus des procureurs fédéraux de la Couronne invoquant un cas d'exception.
Le juge qui instruit la cause avait ensuite maintenu la requête de la Couronne sans donner davantage d'explications.
Il y a fort à parier qu'avec l'aide de ces deux nouveaux avocats la défense reviendra à la charge pour connaître le contenu de ces mandats qui doivent révéler de quelle façon les policiers ont procédé pour intercepter les conversations et les messages qu'échangeaient les accusés sur leurs téléphones intelligents, réputés inviolables.
La Sûreté du Québec a pu porter des accusations dans cette affaire après avoir eu accès, grâce à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à des communications entre les accusés qui se servaient de messages cryptés PIN sur leurs téléphones de marque BlackBerry.
Salvatore Montagna
La GRC enquêtait sur l'un des accusés, Jack Simpson, un résident de Charlemagne âgé de 69 ans, soupçonné d'être mêlé à une affaire de drogue, lorsqu'elle est tombée sur des messages concernant le meurtre de Salvatore Montagna.
Vittorio Mirarchi, 34 ans, résident de Sainte-Adèle, était aussi impliqué dans l'échange de messages. Il utilisait abondamment le service de messagerie texte de son téléphone, envoyant quelque 500 textos par jour.
La messagerie PIN ne peut être utilisée que pour envoyer des données d'un terminal BlackBerry à un autre. Si les autorités policières sont munies d'un mandat, Research in Motion, le fabricant du téléphone intelligent, est tenu de fournir les messages cryptés visés par ce mandat.
Selon un des avocats de la défense, c'est la première fois dans les annales judiciaires que le décryptage des communications de ce type de téléphone est utilisé comme preuve en cour.