De nombreuses stations d'épuration doivent se mettre à niveau

La station d'épuration de Longueuil est en activité depuis 1992 et dessert 4 municipalités sur la Rive-Sud. La station d'épuration de Longueuil est en activité depuis 1992 et dessert quatre municipalités sur la Rive-Sud.

Exclusif - Des documents obtenus par Radio-Canada montrent que 20 % des 754 stations d'épuration des eaux usées au Québec ne répondaient pas en 2010 aux normes qui seront prochainement mises en vigueur par le gouvernement fédéral.

Au total, 159 stations d'épuration des eaux usées n'étaient pas conformes aux normes établies dans la Stratégie pancanadienne sur la gestion des effluents d'eaux usées municipales, qui a été signée par les 14 ministres de l'Environnement canadiens en 2009.

Ces nouvelles normes visent à faire en sorte que les stations d'épuration traitent mieux les eaux usées des villes qui sont rejetées dans le fleuve et les rivières. En ce moment, les stations d'épuration qui n'observent pas les nouvelles normes polluent davantage.

Plusieurs des stations qui ne répondent pas aux normes sont situées le long du fleuve Saint-Laurent, dont celles de Laval, Longueuil et Montréal. À elle seule, la station de l'Est de Montréal traite près de la moitié de toutes les eaux usées du Québec.

« Il reste de la matière organique qui se retrouve dans le Saint-Laurent et de l'ammoniac, qui est considéré toxique », explique Yves Comeau, professeur à l'École polytechnique et président sortant de l'Association canadienne sur la qualité de l'eau.

Pour améliorer son système d'épuration, la Ville de Montréal a décidé d'ajouter un processus de désinfection par ozonation au coût de 150 millions de dollars, qui devrait être en activité en 2015.

Mais selon Yves Comeau, ce nouveau processus ne sera pas suffisant. Selon plusieurs experts, la solution pour parvenir aux nouvelles normes nationales serait un procédé biologique utilisant des bactéries. Ce procédé est toutefois très coûteux. À Montréal, sa mise en place pourrait coûter au moins 1 milliard de dollars.

Quant à la mise en oeuvre de la Stratégie pancanadienne sur la gestion des effluents d'eaux usées municipales, Ottawa et les provinces négocient en ce moment sur le financement des chantiers. En 2009, on en évaluait le coût total à au moins 10 milliards de dollars.

Les négociations portent également sur le passage aux nouvelles normes, qui pourrait s'échelonner sur une période de 10 à 30 ans, tout dépendant de l'urgence des travaux. Ces pourparlers pourraient aboutir l'an prochain.

Avec les informations d'Éric Plouffe et Catherine Kovacs