Un nouveau tunnel pour relier la Rive-Sud et l'île Notre-Dame?

Bouchon de circulation   © Francis Labbé

Afin d'améliorer la fluidité de la circulation dans la région métropolitaine, l'entrepreneur Luc Poirier a proposé mercredi de financer la construction d'un tunnel à péage entre la Rive-Sud et l'île Notre-Dame.

Le tunnel relierait la route 132, à la hauteur de Saint-Lambert, à l'île Notre-Dame, et passerait sous la Voie maritime du Saint-Laurent et le Bassin olympique. D'une longueur d'un peu plus d'un kilomètre, il aboutirait près du Casino de Montréal.

La nouvelle structure permettrait d'accéder ensuite au centre-ville de Montréal par le pont de la Concorde et l'autoroute Bonaventure.

Le coût du projet n'a pas été dévoilé, mais il serait entièrement financé par des capitaux privés. M. Poirier a pourtant estimé en conférence de presse que le projet coûterait « des centaines de millions » de dollars, refusant de donner une évaluation précise pour éviter d'influencer les soumissions des entrepreneurs qui participeraient à un éventuel appel d'offres.

L'entrepreneur souhaiterait construire le tunnel « en moins de deux ans suivant l'obtention des autorisations gouvernementales ». Il a d'ailleurs rendu publiques deux études de la firme d'ingénierie Dessau, qui concluent à la faisabilité technique du projet.

La firme prévoit qu'environ 12 500 automobilistes utiliseraient quotidiennement ce tunnel pendant la première année d'exploitation, et 25 000 à la troisième année.

Le promoteur a ajouté qu'il n'avait pas consulté les autorités publiques pour préparer son projet, que ce soit le ministère des Transport, la Corporation de gestion de la Voie maritime, la Ville de Saint-Lambert ou la Ville de Montréal. Les deux administrations municipales concernées ont d'ailleurs indiqué qu'elles voulaient en savoir davantage sur l'initiative avant de la commenter.

Selon le président d'Investissement Luc Poirier, le nouveau tunnel permettrait :
  • de réduire la pression sur les infrastructures existantes;
  • d'ajouter un sixième lien entre Montréal et la Rive-Sud;
  • d'améliorer les déplacements;
  • d'amoindrir l'impact des travaux majeurs qui s'annoncent dans le tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine et l'échangeur Turcot, ainsi que sur les ponts Champlain et Honoré-Mercier.

Luc Poirier prévoit que le coût pour emprunter le tunnel serait à peu près le même prix que pour le nouveau pont de l'autoroute 25, qui relie Laval à Montréal, soit entre 1,80 $ et 2,40 $ par passage. S'ajoutent ensuite des frais d'administration de 3 à 5 $ pour les véhicules ne possédant pas de transpondeur.

L'entrepreneur ferait appel à un système de péage électronique, mais offrirait un accès gratuit aux véhicules de transport en commun, aux autobus scolaires et aux véhicules d'urgence.

Il compte aussi favoriser le transport actif en intégrant une piste multifonctionnelle pour piétons et cyclistes qui raccourcirait de plus de trois kilomètres le parcours entre les deux rives, à partir du centre-ville.

L'homme d'affaires s'est par ailleurs défendu en entrevue d'accroître ainsi le nombre de voitures entrant chaque jour dans l'île de Montréal. « Ce ne sont pas de nouveaux automobilistes, c'est vraiment un déplacement, a-t-il expliqué. Je désengorge les autres ponts pour améliorer la fluidité entre les deux rives », a-t-il déclaré.

« Un des grands enjeux des prochaines années dans la région métropolitaine concerne la capacité du réseau routier à faire face aux besoins de déplacement des personnes et des biens. L'augmentation de l'utilisation du transport en commun demeure un objectif louable, mais il faut être réaliste et tenir compte du fait qu'une majorité de personnes devront continuer à utiliser une automobile pour circuler entre les deux rives. » — Luc Poirier