Manifestation pour un métro accessible aux personnes handicapées

Des personnes en fauteuil roulant sensibilisent les voyageurs aux problèmes d'accessibilité. Deux membres du RAPLIQ posent devant des escaliers à la station Place-des-Arts.   © RAPLIQ

Un groupe de manifestants s'est donné rendez-vous jeudi matin en face de la station de métro Place-des-Arts pour réclamer une meilleure accessibilité au métro pour les personnes handicapées et à mobilité réduite.

La manifestation, organisée par le Regroupement activiste pour l'inclusion Québec (RAPLIQ), visait à rappeler à la Société de transport de Montréal et à la Ville leurs engagements de rendre chaque année trois stations de métro accessibles aux personnes handicapées.

Un engagement qui figure dans le plan de transport de la Ville de Montréal qui s'engageait à rendre le métro entièrement accessible d'ici 20 ans, rappelle le RAPLIQ.

Or, depuis l'adoption du plan de transport, en 2008, le RAPLIQ constate que moins d'une station de métro par année deviendra accessible d'ici 2016.

Pour illustrer le problème, deux membres du RAPLIQ ont pris jeudi matin le métro en fauteuil roulant à la station Côte-Vertu, qui est munie d'un ascenseur. Ils ont ensuite pris la ligne verte à la station Lionel-Groulx, elle aussi munie d'un ascenseur. Or, aucune autre station de la ligne verte ne possède d'ascenseur à l'exception de Berri-UQAM.

Leur parcours s'est terminé au pied d'un escalier de la station Place-des-Arts, où ils ont attendu que des employés de la STM trouvent une façon de les évacuer.

« Ça peut devenir très compliqué de ressortir du métro une fois qu'on y est entré en fauteuil roulant », explique Joëlle Rouleau du RAPLIQ.

Des manifestants à la station de métro Place-des-Arts   © RAPLIQ

À cette cadence, l'organisme estime que le métro de Montréal ne sera entièrement accessible aux personnes handicapées qu'en 2085.

« Nos demandes sont réalisables, la lenteur actuelle de la mise en accessibilité, elle, est déraisonnable et illégale. Par son manque d'engagement, la STM perpétue les erreurs du passé et discrimine des milliers de personnes », soutient le RAPLIQ dans un communiqué intitulé « Avant que les fauteuils roulants aient des ailes! » .

Une promesse trop ambitieuse

Dans un document publié sur le site Internet de la Société de transport de Montréal, le président du conseil d'administration de la STM, Michel Labrecque, reconnaît que les objectifs que s'était fixés la STM dans son plan stratégique 2020 en matière d'accessibilité étaient trop optimistes.

« Pour les ascenseurs dans les stations existantes, nous avons sous-estimé l'effort architectural et de génie civil pour y aménagerdes ascenseurs. Il y a le coût par ascenseur, bien sûr (15 M$ par station) mais également tout le travail, le temps, les défis logistiques, etc. », explique Michel Labrecque dans les pages STM Info du site Internet de la STM.

« Nous avons mandaté le comité Accessibilité universelle afin de revoir la planification pour accélérer leur installation. Mais nous ne pourrons pas avoir un rythme de trois stations par année », admet le président du CA de la STM dans le même document.

Toutes les futures stations seront accessibles, promet la STM

Il promet cependant que toutes les nouvelles stations du métro de Montréal seront désormais dotées d'ascenseurs lors de leur conception afin d'en assurer l'accessibilité universelle.

Actuellement, sept stations de métro sont dotées d'ascenseurs et d'infrastructures destinées aux personnes qui se déplacent en fauteuil roulant. Il s'agit des stations Montmorency, De La Concorde, Quartier, Henri-Bourassa, Berri-UQAM, Lionel-Groulx et Côte-Vertu.

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