Le design de la nouvelle salle de l'OSM critiqué

Image de synthèse de la façade est de l'Adresse symphonique Image de synthèse de la façade est de l'Adresse symphonique   © Ministère de la Culture et des Communications du Québec

Alors que les travaux s'accélèrent à un peu plus d'une semaine du concert inaugural de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) le 7 septembre prochain, le design architectural de la nouvelle salle soulève la controverse.

Construite au coût de 259 millions de dollars sur l'esplanade nord-est de la Place des Arts, avec une entrée rue Saint-Urbain, la salle surnommée l'Adresse symphonique jusqu'à son baptême officiel répondra aux normes les plus élevées en matière d'acoustique, selon les concepteurs du projet.

La grande instigatrice du projet de l'Adresse, l'ex-ministre des Finances Monique Jérôme-Forget, n'est pas déçue du résultat. « Pour moi, ce qui est important, c'est que l'acoustique soit bonne, que ça soit convivial pour les gens, et on a tout ça », dit-elle.

En juin, Jean Roy, directeur du bureau de projet de l'Adresse symphonique, avait parlé de la volonté des architectes de créer une salle « qui traverse le temps ».

« C'est un bâtiment original qui vient compléter le site du Quartier des spectacles et qui entraînera une fréquentation additionnelle de la Place des Arts », avait-il alors affirmé.

Voix discordantes

Malgré le concert d'éloges, des notes discordantes se font entendre par rapport au choix du design du projet.

Pour l'ex-PDG de la Grande Bibliothèque de Montréal, Lise Bissonnette, il s'agit d'une occasion manquée. « C'est un bâtiment acceptable, mais ce n'est pas un bâtiment qui sera une signature pour Montréal, ça c'est certain ».

D'autres, comme le directeur général de Mission Design Alain Dufour, déplorent l'opacité du mode de sélection du projet, et le fait qu'il n'y ait pas eu de véritable concours d'architecture.

« Du moins, à l'avenir, il faudra s'assurer que ce processus soit plus transparent, car ça laisse planer un mystère. Peut-être que le projet actuel était le meilleur, mais c'est très difficile de pouvoir juger, car on ne les a pas vus, les autres projets ».

Le PPP en cause

De façon plus fondamentale, c'est la formule de partenariat public-privé (PPP), favorisée par Québec et appliquée à l'Adresse symphonique et à d'autres projets publics, qui est remise en cause.

Cette formule tendrait à exclure toute originalité architecturale, selon le président de l'Ordre des architectes du Québec, André Bourassa.

« L'investissement qui est fait sur le traitement architectural doit être minimisé pour augmenter la rentabilité du projet. C'est consternant pour l'avenir architectural du Québec, et par rapport à l'avenir du Québec, tout court ».

Avec un reportage de Frank Desoer.