Jean Charest toujours vivant

Les précisions de Jacques Bissonnet

Le premier ministre Jean Charest a réagi avec esprit à l'annonce de sa mort sur le site Internet du quotidien Le Devoir à la suite d'un piratage informatique.

« Ce n'est pas la première fois que Le Devoir annonce ma mort, mais c'est la première fois qu'il le fait sous cet angle! », a déclaré M. Charest, faisant référence à sa « mort politique ».

Affirmant que ce genre d'affaire étonne toujours, le premier ministre a souligné qu'aucun média n'en était à l'abri. « Le Devoir a réagi promptement et je le remercie », a-t-il ajouté.

Jean Charest a précisé qu'aucun des membres de sa famille n'a été inquiété par la nouvelle. Faisant preuve d'humour, il a affirmé avoir été se voir dans le miroir pour s'assurer qu'il était bel et bien vivant.

L'enquête est lancée

De son côté, la direction du Devoir a demandé à la police d'ouvrir une enquête pour faire la lumière sur l'acte de piratage dont son site web a été victime. La direction ignore qui pourrait être à l'origine de l'article. Aucune piste n'est pour l'instant exclue, tant à l'interne qu'à l'externe de l'équipe du journal.

Le directeur du quotidien, Bernard Descôteaux, prend l'affaire très au sérieux. « C'est un canular pour certains, mais en réalité c'est plus que cela, c'est un délit. Il y a une usurpation de notre site Internet, usurpation du nom d'un de nos journalistes, usurpation d'un processus de crédibilité du Devoir », a-t-il précisé.

Dans un court texte publié à 4 h 56 du matin, le site Internet du journal Le Devoir - LeDevoir.com - a annoncé qu'il avait été piraté en « début de nuit ». Durant quelques minutes, entre 1 h et 2 h du matin, un article en manchette sur la page d'accueil du site Internet du quotidien montréalais annonçait le décès de Jean Charest.

La nouvelle était fausse, mais elle a rapidement été reprise par des radios et des abonnées sur Twitter. La page Wikipédia du premier ministre a même été modifiée dans la nuit.

Le texte publié était signé par une « vraie » journaliste du Devoir. Il précisait que le premier ministre avait été victime d'un malaise et qu'il était décédé d'une crise cardiaque après son transport au Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM). L'hôpital confirmant l'information.

De son côté, l'attaché de presse de Jean Charest a immédiatement démenti l'information et affirmé que Jean Charest se portait bien.

Le Devoir.com Durant quelques minutes, Le Devoir.com a annoncé la mort du premier ministre québécois.  Photo :  

Site hors service

La rédactrice en chef du Devoir, Josée Boileau, a été alertée par un de ses journalistes vers 2 h 30 dans la nuit. D'autres médias tentaient alors de joindre l'équipe du quotidien pour se faire confirmer la véracité de la nouvelle.

Josée Boileau a expliqué que la mise hors service de leur site par le pirate a ralenti le processus de rectification en ligne. « Ce qui a compliqué un peu les choses, c'est que non seulement notre site a été piraté, mais pendant environ une heure, nous avons été incapables d'accéder à notre site pour faire la correction et enlever le texte », a-t-elle précisé.

Si la nouvelle a été largement véhiculée dans les médias sociaux, la rédactrice en chef dit toutefois que c'est aussi grâce à ces réseaux sociaux que l'information a été rapidement mise en doute. Selon elle, les gens ont vite décelé que quelque chose clochait, notamment dans la forme du texte publié. « C'était très court, sous forme de brève, ce n'est pas du tout le style du Devoir  », a déclaré Josée Boileau.

La rédaction du site Internet Le Devoir.com adresse ses excuses au premier ministre ainsi qu'à ses lecteurs. Elle indique poursuivre ses investigations pour identifier l'origine du piratage. Il s'agirait de la première fois que Le Devoir est victime d'un tel acte de piratage.