Le lieu de la fusillade sur la rue Saint-Denis, à Montréal
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Maxime Coutié
Une opération policière qui a mal tourné a fait deux victimes, mardi, dans le centre-ville de Montréal.
Un itinérant de 40 ans, Mario Hamel, qui était la cible de la poursuite policière a été blessé mortellement, touché par au moins un projectile. Son décès a été constaté peu après son arrivée à l'hôpital.
La deuxième victime, dont l'identité n'a pas encore été dévoilée, se trouvait dans le secteur « par hasard », a indiqué un porte-parole de la Sûreté du Québec (SQ), le corps policier à qui le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a confié la tenue d'une enquête.
Il s'agit d'un employé de l'hôpital Saint-Luc qui se rendait à son travail. L'homme de 36 ans a succombé à ses blessures en début de soirée.
Si les circonstances exactes de l'opération ne sont pas encore connues, la Sûreté du Québec a tout de même dévoilé certaines informations.
Vers 6 h 40, les policiers du SPVM auraient reçu un appel leur indiquant que Mario Hamel commettait des méfaits sur des véhicules et du vandalisme dans la rue Sainte-Catherine. Quelques minutes avant l'opération policière, l'itinérant, armé d'un couteau, aurait menacé une de ses connaissances.
La SQ a précisé que l'intervention avait débuté près de l'angle des rues Sainte-Élisabeth et Sainte-Catherine, dans l'arrondissement Ville-Marie. L'opération s'est ensuite déplacée vers l'intersection des rues Saint-Denis et Christin. L'homme au couteau aurait alors résisté à la tentative d'arrestation des policiers, et c'est à ce moment que les policiers auraient décidé d'ouvrir le feu, atteignant les victimes au haut du corps.
En entrevue à La Presse Canadienne, un dirigeant de l'Accueil Bonneau a confirmé que Mario Hamel dormait dans le refuge depuis plus de deux ans, mais a refusé de donner des précisions sur son comportement.
Quatre policiers ont été traités à l'hôpital pour un choc nerveux. En fin d'après-midi, trois d'entre eux avaient obtenu leur congé.
Un « moment éprouvant », dit le SPVM
En soirée, le SPVM a émis un bref communiqué dans lequel il indiquait qu'il lui est impossible de commenter l'intervention, notant cependant que le drame était un « moment éprouvant pour les citoyens de Montréal, ses policiers et l'ensemble des employés du Service de police de la Ville de Montréal ».
« Le SPVM est sensible au fait qu'à chaque fois qu'il y a mort d'homme, c'est une situation difficile. Toutefois, ce qui rend l'événement survenu ce matin au centre-ville exceptionnel est le fait qu'une des personnes atteintes par un projectile d'arme à feu n'était aucunement impliquée dans l'intervention policière », peut-on lire dans le communiqué.
Pour sa part, la Ligue des droits et libertés, rappelant qu'une enquête n'avait mené à aucune accusation dans l'affaire Fredy Villanueva, dans l'arrondissement de Montréal-Nord, a parlé d'un « sentiment d'impunité de la part des policiers ».
La rue Saint-Denis, qui avait été fermée à la circulation entre la rue Sainte-Catherine et le boulevard René-Lévesque, ainsi que la rue Sainte-Catherine, fermée entre les rues Saint-Denis et Sainte-Élisabeth, ont été rouvertes en fin de journée.